De l’art délicat d’user ses Poscas
Rencontre avec Jaké, Posca Master & Combas Lover.

18.10.12
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Il y a des vernissages qu’on loupe, ça arrive. Ce fut le cas le 4 octobre dernier pour l’expo de Jaké organisé par Vidrio. Mais bon chez LMC on n’en reste pas là. J’ai donc été partager un repas au Sapristi, sympathique brasserie villeurbannaise, avec Jaké et son entourage. En fait ça tombait plutôt bien puisque c’est là qu’il expose. On a pas mal discuté, fait quelques photos et même un petit tour à l’atelier. Récit.

Je dois avouer que je ne suis pas fan des expositions dans les restaurants. Cependant j’avais faim et j’aime bien Vidrio. Alors j’y suis allé et j’ai bien fait. Car non seulement le resto est très bien (super le tataki au saumon qui, oui, est un plat) mais les toiles aussi. Je ne vais donc pas vous parler d’accrochage ou de dialogue oeuvres / espace d’exposition, mais plutôt du travail de Jaké qui, comme tout artiste qui se respecte, était en retard. Pas un soucis lorsqu’on attend au bar d’un restaurant.

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Voilà l’équipe qui arrive, on se salue, on fume une clope et j’entame la discussion avec Malo, ami et agent de l’artiste. Actualité chargée en ce moment, le duo prépare deux expositions alors qu’ils viennent de terminer un projet à Lille et une exposition à Marseille. A Lille, c’est avec Jef Aérosol que Jaké a partagé le haut de l’affiche en réalisant une fresque de 60 m2, chacun ! Le temps de se raconter quelques banalité du genre « Quoi ? T’as pas l’application LMC Lyon sur ton iPhone ?! T’es late dude ! » et on passe à table.

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Jaké ne sort pas de l’école, pour dire, il est né en 1967. C’est donc avec beaucoup d’attention que je l’écoute me raconter son parcours pour en arriver à dessiner des « Mario » et autres « Buzz l’éclair » au Posca. Il étale sa métamorphose sur 5 étapes. Il faut tout de même savoir que Jaké a été élève à Olivier de Serres. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est en France l’une des plus prestigieuse écoles pour les arts appliqués. S’en suit la guerre du golfe et la PAO : double révolution dans l’image. Jaké bosse mais est vite saoulé : il s’arme de Poscas et se lance dans le « Street Art Appliqué ». Il customise les vitrines de la ville sur demande, en fait son gagne pain puis se rend compte qu’avec un enfant c’est plus pareil. Pas un souci, agent immobilier c’est bien. Et puis au bout d’un temps il se rappelle qu’il sait dessiner. Alors il s’y met. Il réalise une grande toile ou il relate sa vie et celle de sa famille. Il l’offre à sa femme qui l’accroche au dessus du sofa familial.

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Le dessin c’est bon pour le moral. Jaké continue et vend une toile à un ami presque par hasard. Il est surprit que ces toiles, faites de ses mains, trouvent aux yeux de ceux qu’il côtoie, une valeur marchande. Cependant elles ont en une. Un ami patron de bar passe, il lui dit qu’il doit vraiment avoir eu un coup de foudre pour cet artiste dont il collectionne les toiles. « Non, ce sont les miennes » – « Eh bien prend les donc avec un marteau et un boite de clou et viens les accrocher dans mon bar ! » Première expo. Je passe un peu sur les étapes suivantes car vous l’aurez compris, ça a marché pour lui. Si vous allez faire un tour sur son site internet vous constaterez par vous-même que la liste des expositions s’allonge. Le lascar a même promené ses feutres jusqu’en Birmanie et au Burkina Faso.

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Jaké travaille à partir de 14 couleurs brutes. Il ne mélange pas. Depuis 2007 il a recouvert un nombre impressionnant de toiles et objets en tous genres. Son travail s’inscrit entre la figuration Libre et le Street Art, il se dit fan de Combas, et a même réussi à se faire faire une méga dédicace du maître sur une porte de son atelier. Ses oeuvres sont remplies de détails, il faut prendre du temps pour tout voir. Après avoir fait du « All Over » son cheval de bataille, il laisse désormais apparaître le blanc de la toile autour de ses compositions. Une chose est sûre, Le travail Jaké file la pêche. On sent quelqu’un d’heureux, de passionné, de serein. Mais quand même, la question se pose : pourquoi à ton âge peins-tu des héros de gosse ? « Ben, j’ai quatre enfants ». Ah bah ouais, forcément. À savourer jusqu’au 26 Octobre.

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Jaké au Sapristi
Jusqu’au 26 octobre 2012
Le Sapristi : 26, rue Emile Decorps. 69100 Villeubanne
04 78 18 25 34

http://www.jakefigurationlibre.fr/
http://www.brasseriesapristi.com/

Texte et photographies : Jules Roeser