[Paris] retour sur la Fiac 2011 – #01
Foire Internationale d’Art Contemporain - du 20 au 23 octobre au Grand Palais.

27.10.11

La FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) édition 2011 s’est tenue du 20 au 23 octobre à Paris. 168 galeries se sont comme d’habitude donné rendez-vous dans la superbe verrière du Grand Palais, pour se présenter au public sous toutes les coutures: adorables comme exécrables.

Pour vous raconter au mieux notre visite de la FIAC 2011, nous lançons avec cet article une série de reportages vidéos que nous publierons régulièrement toutes les semaines. Découvrez-ci dessous le teaser : 


Commençons par la seconde catégorie : la FIAC c‘est plus t’en as, plus on t’en donne ! 32 euros le ticket d’entrée (toute sortie est définitive), lorsque vous n’avez pas les moyens de vous payer un Dan Flavin chez David Zwirner (1 500 000 dollars). L’atmosphère qui règne dans les allées est aussi un peu irritante: on pourrait penser à un défilé de haute couture pour jeunes branchés ou vieux milliardaires, où iPad et smartphones sont devenus monnaie courante pour prendre les oeuvres d’art en photo (sic). Ou ces gens qui lâchent des «Oh c’est mimi» devant les dessins de Claire Morgan, et ceux qui jettent leurs gommes à mâcher par terre, comme si de rien n’était. Passons sur ce monde de l’art qui se regarde le nombril, et intéressons-nous au contenu des allées, qui après tout, accueillent parmi les plus belles galeries du monde.

Car les galeries de renom ont sorti de belles pièces : Wim Delvoye, Anish Kapoor, Thomas Struth, ou encore Tony Cragg. Devant la profusion des oeuvres, il est difficile de faire une sélection objective, mais comme Le Mauvais Coton n’a pas froid aux yeux, il se mouille.

On a tout d’abord aimé retrouver deux artistes découverts à Lyon sur Docks Art Fair 2007 et 2009: les peintures de Joyce Pensato chez Freidrich Petzel (New York), et les sculptures de Shiaru Shiota chez Daniel Templon (Paris). La galerie bruxelloise Rodolphe Jansen a su se distinguer avec une sélection de pièces de haute facture, comme une belle sculpture de Wim Delvoye. Celle-ci a trouvé écho sur le stand, lui aussi de qualité, de la galerie parisienne Emmanuel Perrotin où trônais une gigantesque tour de l’artiste belge, ainsi que des pièces de Xavier Veilhan, Johan Creten, et Takashi Murakami.

Dans le désordre, nous avons relevé les toiles en lamelles de journaux d’Anna Ostoya (Bortolami, New York), une photo saisissante de Rineke Dijkstra (Jan Mot, Bruxelles) intitulée «Olivier, The Foreign Legion», et la très pertinente installation murale de Taysir Batniji (Sfeir Semler, Hambourg). Cette dernière rassemble des annonces d’une agence immobilière gazaouie, sur lesquelles l’on pouvait par exemple lire «Al-Salaam neighborhood, east of Jabalaya, Al-Salaam street. Area: 200m2, ground floor + 2 floors each composed of appartments of 100m2. In each appartment: 3 rooms, small sitting room, ktitchen, bathroom/wc. Unfinished façade. Inhabitants: 30 people». Inutile de faire une traduction ou d’expliquer l’objectif de l’artiste, le message est suffisamment éloquent…

Les tableaux de Gert et Uwa Tobias ont fait sensation, ainsi que les très belles pièces des galeries Nathalie Obadia et Vallois, où l’installation de Pillar Albaracin a su attiser la curiosité des visiteurs. On a enfin pu voir en vrai les dollars sur planche de Scott Campbell chez Gmurzynska (Zurich), ainsi qu’un magnifique triptyque photographique de Cy Tombly chez Mathews Marks (New York). Il faut aussi noter les très intéressants stands des quelques galeries indiennes qui représentent un art dont on va de plus en plus parler. Ainsi qu’un projet participatif assez réussi chez Luisa Strina (Sao Paulo), où l’artiste Tonico Lemos Auad a proposé aux visiteurs de gratter tout un mur avec une pièce de monnaie, laissant apparaître l’oeuvre au fur et à mesure.

Bien sur, les stands de Kamel Mennour, Marian Goodman, Yvon Lambert, Larry Gagosian ou l’indéboulonnable Denise Renée, ont comme à leur habitude présenté des oeuvres de qualité, hors de prix, mais qui font envie.

L’édition 2011 de la FIAC a donc été plutôt réussie. Accompagnée d’événements tout au long de la semaine, elle est surtout parvenue à faire faire un pas en avant au marché de l’art français, qui avait tendance ces dernières années à reculer sur le plan européen.

Avant de quitter le dédale des allées, on retiendra cette oeuvre de Richard Prince sur laquelle était inscrite «My wife told me the car wasn’t running well, there was water in the carburetor. I asked where the car was, and she told me it was in the lake».

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  • Texte : Raphaël Le Manchec et Jules Roeser
  • Photos : Jules Roeser
  • Vidéo : en partenariat avec Cult’ur.Prod