Voyage au cœur de l’univers de Combas
Exposition « Greatest Hits » de Robert Combas au Musée d’Art Contemporain du 24 Février au 15 Juillet

10.04.12
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« Eh maman pourquoi le cheval a des chaussures ? » c’est un peu l’impression générale en arrivant à l’expo Robert Combas. Avec sa rétrospective « Greatest Hits » rassemblant plus de 600 œuvres de collections du monde entier, personne ne sortira indifférent de ce voyage à travers son monde aux couleurs saturées et traits virulents.

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« On commence par le début, on finit par la fin. » Une évidence qui prend tout son sens avec le prince de la figuration libre. A travers un parcours thématique et chronologique sur les 3 étages du musée, tout y passe. Des représentations gigantesques de guerres médiévales (Waterl’eau atteint les 10 mètres!), l’histoire d’un marin rentrant au port, l’étude de la femme vénale, sans oublier sa réflexion sur la religion. S’arrêter à la description des thèmes traités serait réducteur, tant son œuvre est colossale : on y découvrira aussi des meubles, dessins, disques, guitares, chaises improbables…
Les influences du natif Lyonnais sont ainsi toutes représentées, que cela soit la BD, la pub, le rock, le mouvement punk, l’art de la rue avec les graffitis… On y trouve de tout. Parfois utilisé de manière psychédélique, parfois lubrique, parfois épuré.

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Pour mieux comprendre son parcours et son œuvre, il suffit de se laisser guider par les mots de l’artiste : « Les règles de la Figuration libre: c’est faire ce qu’on veut le plus possible, le plus personnellement, le plus librement. […] La Figuration libre, c’est quand je fais une bande dessinée avec un héros rigolo et que le lendemain matin je laisse tout tomber pour faire une grande toile sur la bataille de Waterloo. Je ne suis pas Hergé, ni Andy Warhol, ni comme presque tous les grands peintres qui restent souvent prisonniers d’une forme de peinture, d’un ordre établi, qui ne changent que tous les six ans, ou certains même qui ne changent pas de toute leur vie. La vie, c’est de changer. On change de voiture, on change de femme, on change de chaussettes, on change de slip. Alors, on doit changer souvent de peinture, de dessin, d’idée. Un jour appliqué, le lendemain indiscipliné. Du bien fait, du mal fait, mais du soi-même».

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Une rétrospective non seulement visuelle mais aussi auditive. La musique fait partie intégrante de la visite avec une orientation résolument rock et punk. Celle-ci prend tout son sens au 3ème étage avec un assemblage mural de pochettes de disques, guitares et peintures : les « tableaux musicaux ». Une scène est aussi installée pour l’occasion ou Combas et son groupe « Les sans pattes » donneront une ultime représentation le 5 Juin. Pour ceux n’ayant pas la chance de voir le live, un écran géant projette des représentations du groupe en permanence.

L’artiste a aussi posé ses bagages le temps de deux mois dans le musée. On pourra ainsi le voir créer en direct ou enregistrer dans son atelier/studio d’enregistrement.
Après Warhol en 2005, Keith Haring en 2008, Ben en 2010, Greatest Hits s’inscrit dans la lignée des expos à ne manquer sous aucun prétexte. Une expérience intense dont on sort fatigué, surpris et intrigué mais heureux. Et ça fait du bien.

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Musée d’art contemporain Lyon : www.mac-lyon.com/mac
Le site de robert Combas : www.combas.com
Photos : Léa Degraix