A Place To Bury Stranger, l’EP
Onwards To The Wall, le nouvel EP d'A Place To Bury Stranger

16.02.12
APTBS

À travers des sons underground, ces véritables mécaniciens passent leur temps à triturer pédales d'effets et matériel de torture musicale en tous genres, pour notre plus grand plaisir. Plus électrique que la production précédente, mais de moins en moins éclectique, ce 5 titres arrive un peu comme un complément au très bon Exploding Heads, déjà bien trop court pour la qualité son contenu. Attention, EP sous haute tension !

OnwardsToTheWall

Et ça démarre fort avec « I Lost You ». Les bruits lointains provenant des multiples pédales s’agitent dans tous les sens et activent nos sens. Toutes ces machines et instruments pourtant si impersonnels prennent vie et s’emparent de nos émotions. Et si les sons crépitants peuvent faire fuir à la première écoute, on s’en délecte ensuite… La mode est au dirty ? Le trio infernal n’a pas froid aux yeux.

Quelques notes claires de guitare viennent s’ajouter au ton gravissime et pragmatique de la basse. Une mélodie angélique pour une voix vaporeuse et torturée. Nous voilà à notre tour perdus dans les méandres des plaintes de chaque son. Une petite merveille… « So Far Away ». Oui, A Place To Bury Stranger est loin de toute logique et conformité musicale. Si leur musique est une véritable décharge électrique, les paroles sont d’une simplicité étonnement touchante. Cela n’empêche pas la tension d’être à son comble, les larsens pourront le prouver.

Le morceau éponyme nous présente un rythme de batterie très rock anglais, simple mais efficace, qui permet à JSpace, adepte des rythmes à la Joy Division, de sortir un peu de ses gonds. Le leader en profite également pour changer de masque grâce à ses pédales d’effets. Une voix féminine aussi désinvolte et passive se joindra à la sienne.

Avec tous ces ultrasons, il était évident que la panne arrive. Mais c’est le canal inspiration qui a cette fois été touché. La 6 cordes se repose pendant que le batteur s’énerve. Le peu de mélodie est cachée par les grésillements, bref, la quatrième piste était peut-être de trop. Le problème dans ce genre de musique, c’est que peu importent les dissonances, la fausse note est la répétition. Le terme de brouhaha peut alors vite nous venir à l’esprit, et c’est malheureusement le cas pour « It’ll Be Alright ».

Mais comme annoncé, tout va mieux. « Drill It Up », ultime morceau. Les trois new-yorkais ont engouffré le froid environnant pour le déferler sur notre âme avec un impitoyable détachement. Remarquable !

Pour ceux qui voulaient de la nouveauté, c’est raté. La bande à Ackerman n’est pas prête à remettre les compteurs à zéro, et c’est tant mieux.

À découvrir ou à redécouvrir le 12 avril au Ninkasi Kao. Oreilles sensibles s’abstenir.


Texte par Violette Le Coultre