Andy Kayes : interview du Mc lyonnais qui monte
Sortie de Dream Catcher, single deux titres, aujourd'hui 28 mars

28.03.11

ANDY KAYES, ANDY KAYES, ANDY KAYES. On s’est dit qu’en le disant trois fois, ça vous ferait quelque chose. Effectuant un grand écart olympique entre l’Angleterre et la France, ses deux terres d’origines, le jeune rappeur sortait aujourd’hui deux nouveaux tracks, succédant son dernier maxi Invisible. C’est à Lyon, d’où il a balancé ses premières lignes de flow, que nous avons rencontré cet artiste brilliant. Au menu, le mec se paye un feat avec le grand Afu-Ra sur « I’m just a man » et nous ennivre avec le mélancolique « Dream Catcher ». Le jeune lyonnais a de la route devant lui, on vous laisse apprécier son flow.

Peux-tu te présenter, nous raconter un peu ton parcours en quelques mots ?

Andy : J’ai grandi à Lyon, mais j’ai toujours été entre les deux cultures. Je faisais des aller-retours France-Angleterre. À l’âge de 14 ans, je suis allé m’installer en Angleterre et puis j’ai fais mes études là-bas, collège, lycée, fac… Au niveau de la musique, j’avais rencontré des beatmakers ici à Lyon, avec qui je bossais avant de partir, et même pendant que je faisais des aller-retours, je retournais à Lyon pour faire du son avec eux. J’avais aussi mon équipe en Angleterre, mais je rentrais à Lyon pour enregistrer des skeuds, puis j’ai monté quelque chose, moi je m’appelais Manimal à l’époque, je tournais sous ce pseudo là, et puis au bout d’un moment, j’ai décidé de m’appeler Andy Kayes. On a sorti notre premier EP, Invisible, en 2009, et on s’apprête donc à sortir la suite, un single qui sort le 28 mars, et puis on prépare aussi un album.

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Quand tu dis « on », tu parles de tes beatmakers et toi ?

Andy : Oui, quand je dis ça, je parle des 2-3 beatmakers qui bossent avec moi. Il y a Bonetrips, Cheap, et il y a aussi Metronomic qui est présent sur l’album.

Du coup Yannick, quel est ton rôle dans ce projet ?

Yannick : Moi je manage Andy. J’essaie très clairement de trouver des dates pour le moment. Andy vient juste d’être pris chez Neonovo, un tourneur rennais qui a des groupes comme Nouvel R, Solillaquists of Sound, The Escapists. J’essaie de faire les relations presse, les sorties, tout ce qui tourne autour d’Andy jusqu’à ce que les structures s’intéressent au projet, que ça prenne de l’ampleur…

Concrètement, vous avez commencé à bosser quand ensemble ?

Yannick : Un petit peu moins de deux ans. Et ça doit faire 6-7 mois que l’on travaille à fond tous les jours dessus sur ce qui va sortir.

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Pour les albums, on est calés, on avait noté également un mini album en 2006 ?

Andy : Oui c’était sous le nom de Manimal justement, c’était un petit truc gratuit, « Retour aux sources ». Et puis avant le truc c’est que je rappais un peu dans les deux langues. Le nouvel album sera exclusivement en anglais.

Tu es complètement bilingue, avec la double nationalité, c’est ça ?

Andy : Oui, ma mère est anglaise. Elle a grandi à Londres et elle est née à Southhampton. J’ai beaucoup de famille là-bas.

Pour l’album Invisible, comment as-tu bossé ? Tu as enregistré tout à Lyon ?

Andy : Oui, mais après je me suis servi de contacts que j’ai à l’étranger pour avoir des featurings.

Qu’en est-il de tes influences ?

Andy : Un peu de tout. Après en rap il y a un label qui m’avait véritablement retourné le cerveau qui est Def Jux. C’était toute l’équipe de Cage, Mr. Lif, Aesop Rock, E L P, RJD2… J’ai énormément accroché sur le son de Cage, notamment à l’époque de Weatherman, Copyright. Maintenant, il fait des trucs avec Kid Cudi, il a beaucoup changé, certes ! Il avait sorti un album qui s’appelait « Movies For the Blind ». Il parlait de son rap, et c’était juste à base d’images. C’est ce que j’adore dans cette musique, c’est que OK tu as juste une boucle derrière, mais le Mc t’emmènes tellement loin que tu t’imagines New York la nuit, énormément de scènes, juste avec sa voix. Ça a vraiment changé mon écriture. Pas réellement dans ce qu’il disait mais dans sa façon de le dire. Tu te retrouvais propulsé dans son monde. Il y a énormément d’artistes qui sont dans leur bulle. Lui te prenait par le col et t’emmenait dans son univers.

À l’heure actuelle, tu écoutes quoi ?

Andy : Je suis plus rap américain, plus East que West. En Angleterre, et plus particulièrement à Londres, je soutiens notamment Chester P de Task Force. Après il y en a d’autres comme Klashnekoff, Jest et Dizzee Rascal plus pour les choses qu’il faisait avant.

En ce qui concerne la scène lyonnaise ?

Andy : Oui, il y a des bon trucs qui sortent. Je suis pas mal aussi. Je côtoie pas mal de gens qui sont sur la scène lyonnaise.

Tu vas donc te rendre comme nous à l’Original ?

Andy : Bien sûr, ça m’arrive d’y aller, avec JM et son équipe. J’aime bien ce qu’ils font, ils sont capables de ramener beaucoup de gens ici, c’est assez fou. Un peu comme tous les ans, c’est toujours du lourd.

Par rapport à tes textes, tu as un message, un thème ? Comment composes-tu ?

Andy : C’est surtout l’instru qui m’inspire, et la vie en général. Je suis pas trop le genre de Mc qui raconte des histoires. Je préfère l’écriture qui part dans tous les sens, très imagée. Ça change tout le temps. Les histoires, je les écoute une fois, deux fois, je trouve la chute rigolote, puis ça va pas forcément plus loin que ça. C’est pas trop mon style.

Tu sors ton single en digital et vinyle, qu’en est t-il du CD ?

Andy : J’aime le vinyle, j’aime l’objet. Le CD ne fonctionnerait encore moins pour un single. Je vois mal les gens l’acheter.

On pourra le chopper où ?

Andy : Sur le site qui va bientôt voir le jour, et évidemment à chaque concert. Après on en sort pas encore énormément, c’est plus pour avoir un support physique.

Dream Catcher

En ce qui concerne le mastering ?

Andy : On l’a fait masteriser chez The Exchange à Londres, et on l’a pressé chez MPO en france.

Parle-nous de ton featuring avec Afu-Ra, comment ça s’est passé ?

Andy : Je l’ai rencontré il y a environ un an, lors d’une scène à la Plateforme. Le feeling est super bien passé, et on s’est dit qu’on allait faire un morceau ensemble. Il est reparti chez lui, je lui ai envoyé mon texte avec l’instru de Bonestrips, et il a tout de suite accroché. Il a ensuite posé ses textes dessus, et c’était joué.

Il y a des personnes que tu aimerais rencontrer pour d’autres feats ?

Andy : J’ai de la chance déjà, car il y’a un paquet d’Mc avec qui je voulais bosser qui ont accepté de rapper sur l’album. Il y a donc Afu-Ra, Mr. Lif, Gortex et Copyright. J’ai réussi à avoir les coups de coeurs dont je vous parlais tout à l’heure, donc je suis déjà très content.

C’est le côté anglais qui marche ça !

Andy : (rires) Oui peut-être que ça aide un peu, mais c’est aussi le fait que j’envoie les sons déjà maquettés, donc ça rassure forcément les artistes. Ils entendent déjà sur quoi ils vont poser.

On doit souvent te le dire, mais on a parfois l’impression d’entendre du Mike Skinner, le chanteur des Streets ?

Andy : (rires) Oui j’ai déjà entendu ça quelque part. Moi je préfère sa vibe que le contenu. Je trouve son premier album génial, mais je me suis jamais inspiré de ce qu’il fait.