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Album Remains of Shapes To Come (Acroplane Recordings), sorti le 2 juillet 2012

Chroniques Musique News — 19-07-2012

La première question est de savoir si le jazzman prodige Thelonious Monk aurait été ravi de voir qu’un petit Français adepte des raves, ait pris le nom de sa célèbre balade « Ruby My Dear » comme pseudo de DJ. En tout cas, n’en déplaise aux conservateurs musicaux, le jeune DJ a tout pour vous inciter à vous intéresser au Breakcore. Non ce n’est pas de l’Électro / Punk à s’en faire péter les tympans, loin de là. Quoique, c’est peut-être pire…

Ruby My Dear

Julien Chastagnol alias Ruby My Dear est un des petits nouveaux de cet obscur et parfois hermétique aspect du monde de la musique électronique. Et pourtant, rien ne pouvait destiner le Frenchy à se jeter corps et âme dans le Breakcore (pas de soucis on vous explique après ce que c’est). Guitariste de formation, le Sudiste a également été un grand fan de Métal et rien ne le préposait à devenir un futur gourou Électro. Déjà très remarqué l’année dernière, en mai avec son album Ginkgo, Ruby My Dear est affilié au label britannique Acroplane Recordings. Cette structure est d’ailleurs largement spécialisée dans la découverte de nouveaux talents dans les milieux ésotériques de l’Électronique comme l’Ambient, l’Indus, etc.

Pour expliquer en quelques lignes ce genre musical pas très populaire ni relayé, il faut déjà le caractériser de manière multiple. Si vous allez vous renseigner sur la définition même du « Breakcore », vous trouverez une entente et une ramification musicale qui est assez peu compréhensible : Hardcore, Jungle, Illibient, IDM, Noise… Tout ça fait partie de l’univers de la Breakcore. En gros et sans jouer les musicologues on pourrait résumer ça comme une trame que l’on apparente à l’Ambient, segmentée, séquencée et saupoudrée de solos électroniques assez violents plutôt dans le style de la Drum & Bass. C’est un style qui est né du Hip-Hop, au milieu des Raves Eurodance dans les années 90. C’est un peu l’alliage d’un Pendulum avec un Isao Tomita (on vous met des liens en annexes). Passons le côté théorique et explicatif, attachons-nous plus à la production de Ruby My Dear.

Avec cet album, Remain of Shapes To Come, Ruby My Dear signe un album tout en contradiction et en opposition musicale. Bien évidemment, il faut parvenir à se plonger dans l’univers Breakcore / Braincore. Très cérébral, on est même parfois un peu trop hypnotisé par l’angoisse abyssale générée par la rapidité du beat très Tech-Hard sur certaines pistes. Néanmoins, le début de l’album se retrouve étrangement un peu préservé de cette violence acharnée et on retient des mélodies qui glissent habilement, sans fioritures ni chichis. L’apaisement est ainsi, de manière paradoxale on vous l’accorde, le deuxième vecteur de l’album de Ruby My Dear. Au delà de cela, on n’en oublie pas pour autant la multitude des influences musicales pour les samples. Du Hip-Hop US (« Knit For Snow ») aux intonations orientales (« Karoshi »), on sent vraiment que cet album est issu d’une réflexion poussée sur la complémentarité musicale. La contradiction du matraquage simultanément avec les longs passages atones et épurés s’impose donc au fil de l’album, au fur et à mesure de l’écoute, comme un dualisme nécessaire et finalement attractif.

On aime donc comme on vous l’a dit l’Orientalité et l’originalité de « Karoshi » qui nous plonge dans les saveurs esthétiques de l’Est, ou encore la beauté pure et simple de « Maiden » qui ouvre l’album avec une efficacité étonnante en donnant en deux minutes la tonalité de l’écoute. On regrette par contre le côté Ambient pas assez creusé sur certaines pistes, au profit d’une obstination hardcore dans des pistes un peu bonnet blanc-blanc bonnet lors de certains mouvements : « Syuma » ou « Rubber’s Head » par exemple.

Malgré ce bémol, il faut bien sûr se plonger à plusieurs reprises dans l’univers de Ruby My Dear pour en comprendre toutes les subtilités cachées. On vous conseille de commencer par la figure de proue actuelle du Breakcore, Igorrr (aussi sur Acroplane), afin de bien saisir ce qui vous attend. Au fil des écoutes, vous allez comprendre. En musique, il faut s’y prendre et s’y reprendre pour bien assimiler l’artiste ou en tout cas ce qu’il veut construire par sa musique.


Texte : Thibault Van der Schooten
Ruby My Dear : http://soundcloud.com/dearmyruby/ / http://rubymydear.tumblr.com/
Pendulum : http://soundcloud.com/pendulum
Isao Tomita : http://grooveshark.com/#!/artist/~/25403
Igorrr : http://grooveshark.com/#!/artist/Igorrr/839057
Acroplane Recordings : http://www.acroplane.org/

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