Bass Boats Festival : Hisse et ho les basses fréquences ! (soir 2)
Récit de la deuxième étape du Bass Boats Festival, vendredi 16 décembre 2011 au Sonic

23.12.11

Vive le vent, vive le vent, vive le vendredi comme aurait pu le dire la chanson. Pourtant ce soir, pas de chant à l’horizon, mais seulement du gros son. Un « bon son brut pour les truands ».

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Sur la péniche, l’équipage se divise en deux catégories : à bâbord, il y a ceux qui ont agité le Rhône hier et qui en redemandent. A tribord, ceux qui se sont réservés pour se dandiner sur la Saône. D’abord, c’est le tout jeune Junior qui fait monter la température de quelques degrés en envoyant un mix aux accents deep dubstep avec une énergie impressionnante. Minuit vient de sonner et nombreux sont ceux qui manquent encore à l’appel. Tant pis pour eux, la sono tourne déjà à plein régime et le capitaine Telmini est aux commandes. L’artiste fait bruyamment parler son talent qu’il met au service de son éclectique panoplie sonore. Avec son masque de super héros bien vissé sur la tête, on se dit d’entrée que Deadmau5 n’a qu’à bien se tenir car ce soir les Mickeys n’ont pas leur place.

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La première bière de coutume passée vient l’heure d’accélérer l’échauffement. Qu’on se le dise, la Bass Music en-dessous de 0,5 grammes, c’est un peu comme un match de rugby des All Blacks sans Haka : ça a perdu toute sa saveur avant même le coup d’envoi. Tant mieux pour nous, le bar propose de l’Absinthe et c’est ma gorge qui va être la première sur la piste à se désarticuler au rythme de la Drum’n Bass qui claque à l’avant du bateau. A l’avant seulement, car on regrettera un peu que les deux enceintes du bateau peinent à diffuser l’intensité du volume jusqu’à la poupe du navire.

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Dans la cale qui sert de salle, Enover pose son empreinte sur la soirée en affichant une large banderole à son effigie en arrière plan de la table de mixage. Ce soir, le taux de testostérone dépasse la moyenne de quelques décibels. Pas forcément une bonne nouvelle pour ceux qui sont venus avec des ambitions du même type que ce type sur l’estrade qui joue depuis vingt minutes à remonter son tee-shirt en se triturant le nombril. Le gars n’a pas trop l’air de beaucoup réfléchir à ce qu’il fait, mais c’est aussi la raison pour laquelle il a un temps d’avance sur les autres : pour danser le dubstep, moins tu cogites, mieux tu t’agites. La technique la plus efficace est la même pour tous : un coup de buste en avant suivi d’un relevé de buste vers l’arrière. Et on remet ça. Alors forcément que ça passe mieux quand on oublie pas le whisky dans son Coca.

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L’ambiance gagne en qualité et en intensité au fil de la nuit et des sets qui s’enchaînent. C’est désormais au tour des deux amis d’enfance de Dual Shock, co-fondateurs du label Bass Freak Dogz, de faire chauffer leurs platines avec un son addictif et puissant, toujours profond et frôlant parfois l’agressivité pour nos tympans. Un gros coup de chaud suivi d’un coup de froid sur le pont le temps d’en griller une : on vous le confesse, on a loupé les anglo-saxons de Cutline, mais c’était pour garder nos oreilles indemnes en vue de la fièvre qui nous attend samedi soir.

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Texte : Thibaut Laurent
Photos : Laure Penaranda
www.bassfreakdogz.com
www.enover.net