Basement Double Mixte

Slider by IWEBIX





Breton en concert, vendredi 13 avril 2012 à l’Épicerie Moderne

Livomatique Musique — 27-04-2012

Il y a des groupes comme ça pour lesquels on miserait bien une petite pièce sur un succès qui s’annonce inévitable. On vous rassure tout de suite, Breton, c’est tout sauf de la musette armoricaine (pour ceux qui s’attendent au retour du biniou sauce 2.0, c’est raté). Avec leur premier et fabuleux album Other People’s Problems, les Londoniens balancent un gros kick dans la fourmilière en mélangeant les genres et viennent nous présenter ça en live, histoire d’en remettre une couche. Coup de coeur cotonneux, c’est le groupe à suivre de près pour les mois à venir.

Il nous aura bien fallu 15 longues minutes pour trouver une échappatoire aux loges, après avoir terminé l’entretien avec Roman Rappak, leader, chanteur, guitariste, compositeur -et pleins d’autres trucs cools à mettre sur un CV- du groupe Breton. Pas à la bourre mais presque, on débarque à temps dans la fosse histoire de ne pas louper la première partie déjà installée sur la petite scène dressée pour la soirée.

breton-01

Groupe inconnu au bataillon, c’est donc avec le plus grand des mystères que je découvre Papier Tigre. Choix volontaire de ne pas m’intéresser au préalable à ces Nantais en espérant une seconde révélation mystique, mon flaire peut cette fois aller se rhabiller puisque les premières notes retentissent comme une violente agression pour mes tympans qui ne s’attendaient pas à un tel assaut de décibels. Des boules quiès, vite, je tiens à ma vie, et à mes oreilles, aussi (petite pensée pour cette âme sensible qui n’était pas aussi bien équipée, s’effondrant comme une feuille morte en milieu du live à quelques centimètres de moi). Les connexions ne se font qu’à partir de ce moment : je découvre que le guitariste ne vocifère pas, mais chante. Et plutôt bien, en plus. Couvert par son propre instrument et ceux des 2 autres musiciens (un autre guitariste, et un batteur), la voix éraillée colle au style qu’ils laissent présumer, un rock énervé et très énergique. Le concert est fluide, précis, mais reste linéaire du début à la fin. Les morceaux s’enchaînent et se ressemblent un peu, on se perd dans des titres un peu décousus et plats. Je n’arrive pas à trouver celui qui m’accrocherait, Papier Tigre ne s’avère pas être la révélation espérée, et n’aura pas retenu mon attention. On peut tout de même féliciter l’énergie qu’ils auront su nous transmettre grâce à un trio se donnant à 200 %, à en juger l’état de leur t-shirt et la température de notre organisme au bout d’une heure de live.

breton-02

Pause bière et aération d’oreille interne bien méritée, le public est fin prêt pour découvrir le phénomène Breton qui dépose pour la première fois ses valises à Lyon. Roman, chef de troupe, mèche brinquebalante et capuche vissée sur la tête titille nos sens avec quelques premières notes de guitare aussitôt suivies par ses 4 potes. Premier frisson, ça démarre sur le frais et énergique « Ordnance Survey ». Le groupe confirme d’office la qualité de sa prestation live en embrayant sur « Pacemaker », beat Hip-Hop accompagné de triturations électroniques, le tout accompagné d’une guitare tropicale rendant le tout si caractéristique de la signature Breton. On ne peut cependant pas éviter la comparaison avec Foals, qui nous offre la même vitalité faussement naïve, saupoudrée d’un peu de Wu Lyf pour la voix et l’émotion.


Les mecs nous montrent l’étendue de leur talent en s’échangeant leurs instruments, jouant à tour de rôle guitare, synthé ou beatpad, le tout pour interpréter une bonne majorité des titres issus de leur nouvel album, comme le génial « Interference », sorte d’hymne fédérateur d’une nouvelle génération revendicatrice qu’on remplacerait bien à la vieillissante « God Save The Queen ». Déformation professionnelle, ou soucis du détail et de l’esthétique, ou surtout les deux, le groupe gère aussi la scénographie accompagnant le live, projetant animations et vidéos home made avec pour vitrine leur tubesque et révolté « Edward The Confessor », clip qu’ils ont en parti réalisé et qui a fait décoller la popularité du groupe depuis la fin de l’année passée. Chaque titre possède son âme propre ; Je me tourne vers ma droite, ma gauche, tout le monde semble conquis par l’enchainement des cartons: « December », « Governing Correcty », un coup de french (très primaire) avec «15X», et j’en passe.

 


Live étonnamment court (malgré la fraîcheur du groupe, ils ont encore un bon nombre de morceaux sous le coude) on en redemanderait bien encore un peu, mais leur tournée sans doute éprouvante nous laisse indulgents, d’autant plus qu’ils ne tarderont pas à conquérir l’Amérique du Nord d’ici quelques temps.

Tiens, mon engouement était tel que j’en ai oublié de programmer comment rentrer chez moi. L’Épicerie Moderne c’est bien, mais l’Épicerie Moderne, c’est loin. Il est temps de décrocher notre plus beau sourire d’auto-stoppeur, merci au couple de quinquagénaires pour nous avoir reconduit en terre sainte. Je m’en vais réécouter Other People’s Problems avant de me coucher, en groupie que je suis.

 














Texte : Sidney Krauch
Photos : Marion Nigoghossian
http://www.epiceriemoderne.com/
http://soundcloud.com/papiertigre
http://soundcloud.com/bretonlabs
http://www.youtube.com/user/bretonLABS

Lisez aussi :

Interview : Breton, le pourquoi du comment
Interview : Racing With Chinese Man

Partagez cet article !



(0) Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

About Author

Flo-N&b

Graphic&Web Designer // Fondateur du Mauvais Coton