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Beach House, le mercredi 6 juin 2012 à l'Épicerie Moderne (Feyzin)

Livomatique Musique — 11-06-2012

Je trépignais d’impatience avant le concert, et ma place était prise depuis des mois. Je n’étais pas la seule. Dans l’après-midi qui précède, un mail d’une amie qui espère un moment « magique » . Moi, pleine d’empathie et de déception, pour une autre amie empêchée au dernier moment de venir. Devant l’Épicerie Moderne, plus de monde que depuis très, très longtemps. Une navette Lyon-Feyzin mise en place tout exprès ! Au bar, quelques minutes avant la messe, des gens du bon vieux Doubs sauvage venus pour l’occasion, et quasiment décidés à dormir dans leur voiture. Quid des pouvoirs magiques de la merveilleuse musique de Beach House ?

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Beach House, on a fait le compte juste avant le concert, si on n’a jamais vu jouer le groupe, c’est deux personnes, d’accord. Un garçon tout brun et mince, et une fille pleine de cheveux fous. En fait, ils sont trois, mais le batteur a l’air un peu ailleurs, enfin, il fait très bien son travail, mais il n’a pas l’air trop copain avec Monsieur et Madame. En fait, ils ne se regardent pas une seule fois, alors que les deux autres ont l’air de bien s’aimer. Plus que ça, même, et le public n’est pas trop inclus dans la fête. Madame fait bien quelques efforts pour discuter : « Euuuuh… ok. » et « vous êtes… oh je sais pas, y’a pas de mots. » (cette dernière phrase a l’air sympa dite comme ça, mais en fait non). L’ambiance est un peu froide, voire, glaciale parfois. En fait, Beach House, c’est un truc à deux, un truc très très joli et futé, mais à deux. Quand il y a un batteur dans le coup, plus des dizaines de personnes (ben oui, désolés d’être là…), ça ne prend pas.

Enfin, ça ne prend pas, attention : la musique est absolument envoûtante, la voix de Madame est sublime, tout est d’excellente facture et d’excellent goût. Il y a même de très beaux moments… Mais pas d’adhésion générale (en rentrant dans la voiture personne n’était vraiment d’accord, mais tout le monde était un peu plus ou moins déçu).

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Des premiers morceaux frileux, tous albums confondus, comme « Norway », nom éloquent, ainsi que le nouveau single, « Lazuli », et le plus ancien « Gila » du deuxième album Devotion parmi d’autres qui semblaient se suivre et se ressembler (trop). L’atmosphère flottante entretenue par la (quand même) très belle musique de Beach House permet de sortir la tête du frigo, et tout ça nous entraîne plus tard vers quelques beaux moments, de « Silver Soul » à « New Year », où la voix soufflée de Queen Victoria accomplit son entreprise de séduction sinueuse dans le refrain, et puis, bien sûr, le divin « Zebra ». Puis la montée de Wishes, et pour moi, la plus tendre des chansons du groupe, « Myth », qui aurait pu donner son titre au groupe, tant ses mélodies sont pleines d’impressions fondues, de rêves de créatures mystiques, de souvenirs de dessins animés aux couleurs pastels et fluos. Quand on était un enfant dans les années 80 et qu’on regardait des mangas où les filles avaient des cheveux roses ou bleu, mais où les mêmes filles étaient toujours dans une quête un peu triste. Un rappel plutôt réussi, Madame a en plus une chemise géniale aux couleurs de l’arc-en-ciel, mais la perspective d’un deuxième rappel n’a pas été envisagée, ni par le public, ni sans doute par le groupe . Donc, un live respectable, mais distant, sauvé par leur musique quelquefois fabuleuse.

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Parfois, les maisons de vacances, ça doit rester un fantasme. C’est durant l’hiver qu’on y pense, qu’on en rêve, et qu’on les aime le plus, parce que, en vrai, l’eau du cumulus est un peu froide et qu’on ne s’y sent pas si bien. Beach House, c’est un des meilleurs groupes des années 2010 à mon sens, mais il faut les aimer à un océan d’écart, c’est bien plus sombre que le laisse entendre le nom, et c’est ce qui est délicieux : « Zebra », dans une fête pleine de gens, est le morceau qui fait qu’on regarde le monde avec une si agréable distance et en même temps, qu’on trouve à cette scène du spectacle une beauté hypnotique. « Wild » peut rendre une séparation délicatement douloureuse. Quelques morceaux de « New Year » en plein terrifiant mois de janvier, et on s’entend dire « non mais vraiment il faut que je prenne mes places, ça va être incroyable d’écouter ça en vrai ».

Je suis une plus grande fille maintenant : j’ai compris que « les voir », ou pas, peu importe, c’est le désir un peu vénéneux de cette merveilleuse musique qui compte ; c’est ça l’effet magique de la maison de la plage.

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Texte : Coralie Vienot
Photos : Florian Ardérighi

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