Interview Ben Sharpa : l’Afrique du Sud s’invite à Lyon
3 mai 2012 au Marché Gare

2.06.12
Ben Sharpa

Quelques heures avant son concert au Marché Gare, et quelques minutes avant une sieste réparatrice chère à la remise en place d’un Jetlag massif,  Ben Sharpa a eu l’extrême gentillesse de nous accorder un court entretien. Entre cernes et fumées de clopes, il nous parle de l’Afrique du sud, du 4DLS, de Filastine et de ses rapports avec la France.

Ben Sharpa

LMC : Pourrais-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaitraient pas encore ?

Ben Sharpa : Mon nom est Ben Sharpa, je suis un musicien-artiste-lyriciste-activiste Sud africain, et citoyen du monde.

 

LMC : Comment pourrais-tu décrire ta musique ?

Ben Sharpa : Je la vois comme un divertissement, je n’utilise pas ma musique comme un prétexte à la transmission d’idées, mais plus pour échanger des informations, propager du positif, connecter les peuples et les personnes, c’est la base du concept du « Robot Army Music ».

 

LMC : On sait ta musique remplie d’engagements, en ce sens, quel est ton principal combat/ta principal lutte ?

Ben Sharpa : Je dirais que mon sujet principal serait… notre propre libération de tout type de limites et contraintes, de toute force sociales, apprendre que nous sommes oppressés par une multitude d’énergies négatives. C’est vraiment la première chose qui ressort de ma musique, se libérer de sa propre pensée, s’élever.

D’un autre coté, je dirais qu’il y a aussi une partie de moi qui pointe les situations auxquelles nous pouvons faire face, donner des solutions alternatives à tout cela.

 

LMC : Tu es né et a grandi en Afrique du sud, pour ensuite partir vivre aux Etats-Unis, ce voyage a t-il eu une influence sur ta carrière, sur ta musique ?

Ben Sharpa : Totalement. J’ai été exposé à la musique très tôt, quand je suis parti aux États-Unis, j’ai commencé par apprendre la musique classique, j’ai joué dans un orchestre symphonique, j’ai pris gout au hiphop plus tard, vers l’âge de 10 ans. Tout cela a permis de façonner la personne que je suis à présent.

Ce voyage a eu un impact énorme sur le reste de ma carrière. Quand je suis revenu en Afrique du sud, j’ai ressenti un véritable choc des cultures. C’était vraiment différents des States mais  il existait  à la fois les mêmes problèmes, tels que la pauvreté, le système de santé. J’ai trouvé le parallèle intéressant.  Il m’a alors semblé normal d’écrire la dessus, car ce sont des sujets traités à l’échelle mondiale, cela ne concerne pas seulement certains pays ou régions du monde, du plus développé au plus pauvre, ce sont des questions vraiment difficiles à traiter, et encore plus difficiles d’y faire face.

 

LMC : Depuis plusieurs années, nous sommes témoins en France ainsi que dans toute l’Europe d’une explosion d’artistes venant d’Afrique du sud, principalement dans le hip-hop. L’Afrique du sud aurait-elle trouvé la voie de sa liberté d’expression ?

Ben Sharpa : Je pense que… en Afrique du sud en particulier, nous sommes devenus plus accessibles, et le reste du monde est aussi plus accessible pour nous. Je n’ai pas vraiment de réponse à te donner sur le « Pourquoi » du soudain intérêt porté à l’Afrique du sud, il doit surement y avoir un paquet de raisons, elles sont en tout cas toutes bénéfiques en terme de culture. Être capable d’échanger, de partager, c’est vraiment une bonne chose.

 

LMC : Ce soir j’interview aussi Filastine, tu as déjà écouté ? Que penses-tu de sa musique ?

Ben Sharpa : Je la trouve vraiment cool ! Très intéressante dans sa manière d’utiliser toutes ces influences, tous ces styles différents, pris un peu partout autour du monde, c’est un aspect que j’aime beaucoup.

Ensuite il y a tout ce coté, comment dire… les basses lourdes, ce genre de choses, c’est vraiment mon truc.

 

LMC : Dans ton dernier album, tu à travaillé avec Pure Solid, tu pourrais nous parler de cette collaboration ?

Ben Sharpa : Le projet 4DLS est un projet « Son et Lumière ». C’est un concept à la base uniquement destiné à la scène, nous préférions cela à un album, jusqu’à ce que nous nous rendions compte qu’au final, les titres étaient tous vraiment bons. Nous les avons donc enregistrés et posés sur CD, nous proposons maintenant un show avec une VJ , quelque chose de vraiment différent, incorporant de nombreux styles de musique, des influences Dub, hiphop, pas mal d’électronique, de la musique futuriste pour résulter à, comme je te l’ai dit plus tôt, un message destiné à t’élever, te faire grandir, arriver à changer le cours de la réalité. C’est vraiment en ça que consiste le show, et si certains veulent en savoir plus, venez au concert, et si vous ne pouvez pas, achetez l’album, cela vous éclairera.

 

LMC : Tu as écouté certains artistes français récemment ?

Ben Sharpa : Pour tout te dire pas vraiment, mais j’ai beaucoup travaillé avec la France, avec Maxime Delporte pour un projet Jazz sur Toulouse, avec High Tone aussi, Niveau Zéro qui sont de bons amis, tant que le courant passe, tout me va.

 

LMC : Merci beaucoup pour le temps que tu nous as accordé.

Ben Sharpa : Merci à toi, merci à vous.