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Entretien avec Roman Rappak, leader du groupe londonnien Breton

Interviews Musique — 28-04-2012

Nom atypique, musique reflet d’une nouvelle génération, Roman Rappak (leader et surtout le plus bavard) s’est chargé d’éclairer notre lanterne sur les origines et inspirations du groupe. Du surréalisme au R’n’B, il nous a prouvé que oui, il était ouvert d’esprit.

Breton

LMC : Groupe qu’on peut considérer comme tout récent, comment est né Breton ?

Roman : C’est quelque chose qui a démarré comme un projet il y a 2 ans. On a fait des films, des courts métrages, clips, remixes… On a en fait démarré par montrer nos films aux gens, mais on avait du mal à trouver des lieux, c’était particulièrement difficile à Londres. On voulait utiliser des supports grand format comme le cinéma, contrairement aux vidéos qui se voient facilement sur Youtube et qui n’atteignent pas le même public.

 

LMC : Vous êtes un groupe de potes ?

Roman : Ce sont des amis avec qui je travaillais, je faisais des remixes avec l’un d’eux, qui faisait aussi du design, un autre photographe, moi j’étais plus dans la production électronique et la réalisation de clips.

 

LMC : Votre nom viens d’André Breton, surréaliste français du début du 20ème siècle. Quel est le lien entre ta musique et ce personnage ?

Roman : C’est tellement grand comme sujet le surréalisme… C’est difficile d’en parler…

Ça vient d’une manière d’où vient l’inspiration, d’où vient l’idée et pourquoi l’une t’attire et pas l’autre. Si t’essayes d’écrire quelque chose, faire un film ou composer une musique, tu fais toujours les mêmes fautes, tu vois. Tu commences d’une manière, et tu t’habitues à trouver une mélodie sur un piano, et ensuite tu t’endors dans une habitude, du genre “je vais toujours écrire les chansons comme ça, écrire les paroles de cette manière”…

Mais si tu écris des paroles sur un bout de papier, le déchire et demandes à quelqu’un d’autre d’en choisir une partie, ou que tu écris une mélodie sur un piano en inversant les notes, ton point de départ sera déjà différent. Tu n’auras jamais la même chanson, ou le même film.

Pour être plus clair, c’est comme le jeu du “ Cadavre Exquis ”, je pense que c’est ça la musique, c’est ça l’image. C’est pas, de dire à quelqu’un… Euh, c’est féminin ou masculin chanson ? Ah oui, “ma chanson veut dire ça”. Je suis plus intéressé de savoir ce que tu en penses toi, ces moments d’inspiration, d’imagination que ça jette, je pense que c’est très intéressant.

 

LMC : Comment as tu abordé l’écriture de ton premier album ?

Roman : Il y a un rapport avec la façon d’approcher la musique, et le fait de créer quelque chose. Du coup c’est une manière très honnête de dire “j’ai ces idées, et c’est ça que j’aime bien”. Je sais que tout le monde veut que tu sois des gens comme Arctic Monkeys, Wu Lyf, ou tu fais des films comme ça ou comme ça, mais si tout le monde essaye de jouer ce jeu et et essaye de devenir comme ça, du genre regarder sur internet et clicker sur highest ranking, regarder qui plait et faire comme du A$AP Rocky ou un truc du genre, tu commences à faire l’inverse du détachement auquel je parlais tout a l’heure.

On est un peu naïf, et un peu nu quand on écrit. Quand j’écris une chanson et l’aime bien, je ne sais pas pourquoi je l’aime, ça vient des mots, ça part de quelque chose qui est une expérience très personnelle, mais sans dire qu’elle veut signifier quelque chose.

 

LMC : Il n’y a donc pas de manière d’interpréter cet album, comme l’a fait Pitchfork par exemple ?

Roman : Mes goûts dans la musique peuvent être totalement différents des tiens. Si j’essaye d’établir une stratégie, de me dire “ok, alors cette femme semble être mon ennemie, elle aime tel groupe, alors… »; tu vois si tu commences à faire ça tu commences à mentir, tu commences à ne pas être honnête.

C’est pour ça je pense que je pense que ce genre de personne n’est jamais au milieu : soit ils comprennent ce qu’on fait, ou n’ont vraiment aucune idée et n’aime pas. Et je pense que c’est ces deux côtés qui disent qu’on a réussi, un peu, à faire quelque chose d’efficace. Pas quelque chose de super bon, ou de super nul, mais c’est subjectif, cet album est pour commencer une discussion, ce n’est pas pour être comme quelqu’un du genre A$AP Rocky, ou le genre du foutu prochain rock band.

 

LMC : On entend des nuances de Hip-Hop, d’Electro, de Rock… Comment qualifies-tu ta musique?

Roman : Quand tu écoutes la musique en 2012, c’est pas comme quand tu l’écoutais en 1990. Tu n’achètes pas un CD et tu te dis “ok, it’s THE band”. Il y a 20 ans, on écoutait la musique souvent pour s’identifier, comme ceux qui écoutait de la grunge, d’autre n’écoutaient que de la House, portaient des fringues “house” pour aller dans des club de House, c’est cool tout ça, des gens qui peuvent te parler des raisons socio-politiques et tout ça, c’est intéressant, mais maintenant on a des iPod, Facebook, Soundcloud, et tu peux tout écouter ! Quelqu’un peut te dire “t’as déjà écouté The Smiths” ? En 3 clics, tu as toute leur discographie. Alors qu’avant il fallait aller dans le petit magasin, qui avait un seul album, et tu avais uniquement 2 ou 3 potes qui aimaient… Beaucoup ont une nostalgie romantique de tout ça, et moi aussi j’adore cette âme des disquaires. Mais maintenant tout ça c’est fini, j’ai grandit en écoutant du Hip-Hop, Drum’n’Bass, Rock, Indie, du “cheesy shit R’n’B” (rires). Du coup, la musique que je fais est un mix de tout ça.

 

LMC : C’est donc toi qui te charges d’écrire et composer tous les titres?

Roman : Je les commence, et pour voir si ils vont marcher en scène on les joue tous ensemble, on regarde ce qui marche, fait des changements. C’est moi qui fait les brouillons : je joue tous les instruments sauf la batterie que je programme, et ensuite on fait une sorte de “live remix”. Il y a des choses que les hommes ne peuvent pas faire, que les ordinateurs eux peuvent faire, et inversement, comme les petites erreurs, nuances, qui font évoluer le morceau.

 

LMC : L’album a été enregistré en live?

Roman : Oui, en fait c’est moitié-moitié. Il y a du live, des boucles, des choses que j’ai enregistré sur mon téléphone…

 

LMC : Pour quel titre?

Roman : Pour Electrician, le second titre, c’est un piano que j’ai enregistré sur mon téléphone, puis que j’ai coupé sur mon ordinateur ! J’ai aussi enregistré le métro à Paris.

 

LMC : Et bien en tout cas merci Roman, la première partie ne va pas tarder à démarrer, on vous laisse vous préparer !

Roman : Ah oui il est déjà l’heure ! Je veux les voir. J’ai entendu leur soundcheck, d’ailleurs c’est quoi soundcheck en français ? Tu sais, quand tu vérifies les instruments ?

 

LMC : Hum… Les balances? Mais j’aurais dit soundcheck aussi…

Roman : D’accord ! Alors maintenant je vais dire soundcheck dans un accent français !

 

LMC : Ouais, « sounde chèque » !

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