Basement Double Mixte

Slider by IWEBIX





De Crooklyn à Feyzin, rencontre autour d'une bouteille de vin et d'un bol de fraise avec les patrons du rayon jouet, c'était le 16 avril à l'Epicerie Moderne

Interviews Musique — 05-05-2012

Interview schizophrène et borderline d’une grenouille nommée Pit, sous laquelle se cache en réalité SuperPuppet, sous laquelle se cache en fait Mr Maloke, saint patron d’un crew de poupées qui ferait passer Chucky pour un Bisounours. Vous suivez ?

Puppetmastaz-interview-03
LMC : Tout d’abord, qui es-tu ?

Puppetmastaz: Mon nom est Pit, je suis le patron des roadies et parfois je rap aussi, Ouai !

 

LMC : Depuis votre dernier album « The Break Up », vous avez passé 3 ans dans le silence…

Puppetmastaz : (Il me coupe) En fait la coupure n’a duré qu’une année, car nous avons passé presque un an à tourner pour  » The Break Up  » , et une année à travailler sur le nouvel album.

 

LMC : Et que s’est il passé entre les deux ?

Puppetmastaz : Nous avons beaucoup produit en matière de spectacles. Nous pensons maintenant beaucoup plus au théâtre, nous avons travaillé sur une pièce qui s’appelle « Frankenstein Little Red Ridding Hood » et à présent nous bossons un autre projet que nous allons jouer bientôt à Berlin. Le nom de la pièce sera « Crystal Heart », ça se situera entre Pinocchio et Orange Mécanique. Ce sera très musical, un Opéra !
Malgré tout ça, nous avons aussi travaillé sur un film consacré aux Puppets. Nous avons le script, il ne nous manque plus que quelqu’un qui finance tout ça.

 

LMC : C’est pour cela qu’il n’y a plus de featuring clinquant dans cet album, pour garder de l’argent ? Dans une vielle interview de vous, vous disiez que ca ne vous posait pas de problème de lâcher de l’argent pour une belle collaboration.

Puppetmastaz : En fait, il y a des featuring sur cet album, mais plus en matière de production. Nous avons travaillé avec un beatmaker, un anglais nommé BioViolence, un autre type basé à Berlin, T.Raumshmiere, ou encore Jimmy des Transformfer The Roboter. Nous avons préféré cela plutôt que de collaborer avec de MC’s.

 

LMC : La raison est parce que…

Puppetmastaz : Parce que nous avons assez de rappeurs, il nous fallait des beats !

 

Puppetmastaz-interview-02

 

LMC : Mais combien êtes-vous au juste ? On parle de 15-20 personnes…

Puppetmastaz : 30 exactement.

 

LMC : Ce n’est pas dur de gérer tout ce monde ?

Puppetmastaz : En fait, il y a plusieurs personnages principaux, tel que Snuggle, Maloke, Wizard, Tango et Rhino. Le reste sont des sortes de « choristes » qui n’apparaissent pas tout le temps, comme Panic The Pig, Big Eye, Mini Mighty Moe; toutes ces créatures sont prêtes à poser leur flow. Elles apparaissent généralement peu sur les albums, elles sont surtout là sur scène. L’album n’est qu’une toute petite fenêtre d’où l’on peu apercevoir ce qu’il va se passer durant les show.

 

LMC : Dans votre précédent effort, « The Break Up » signifiait en quelque sorte votre échec quant à la révolution des poupées face aux humains, qu’en est-il de celui-ci ? « Revolve And Step Up » signifierait « Ok on a fait une pose pour remettre les choses en place, mais maintenant nous revenons vous botter le cul » ?

PuppetMastaz : Non c’est un peu comme… Comme si depuis « The Takeover », notre âme avait vrillée, nous avions perdu notre but, oublié ce que nous étions; concentrés uniquement sur les lieux, prendre possession des lieux, les clubs , les soundsystems, les salles, les appartements, les studios, nous nous concentrions uniquement sur les lieux qui nous attendaient.
Puis nous avons réalisé que notre projet n’avait rien à voir avec tout cela. C’est pourquoi en premier lieu nous avons décidé de faire une pause, nous étions… frustrés. Frustrés de n’avoir pu prendre possession de la terre, de réunir toutes les créatures à notre cause. Nous avons réalisé par la suite que pour résoudre le problème, il fallait le contourner: «revolve » signifie contourner, faire le tour du problème afin d’en observer les différentes perspectives, afin de mieux le comprendre, pour ensuite se relever et au niveau supérieur. Voilà ce que peut signifier « Revolve and Step up ».

 

LMC : Du coup, la révolution n’est pas terminée ?

PuppetMastaz : Nous ne croyons plus vraiment à une révolution à présent.
Nous croyons maintenant que le public qui vient nous voir durant les concerts trouvera, au moins durant quelques heures, ce qu’il se trouve au fond de lui, créera la connexion avec le monde animal, définiera la créature qui se trouve au fond de lui, ainsi que du monde qui entoure cette créature.
Nous avons en quelque sorte laissé tomber l’idée qu’il fallait libérer tous les animaux des zoos et toutes ces choses. Nous faisons à présent uniquement ce que nous pouvons réellement faire, nous ne somme plus dans une position offensive envers les humains, nous devons dorénavant travailler avec eux.

 

Puppetmastaz-interview-04

 

LMC : Vous êtes donc enfin en paix avec la race humaine ?

Puppetmastaz : Oui nous sommes bien plus calme envers elle. Nous nous rendons compte qu’il y a du bon dans les différentes composantes de la race humaine. Nous nous contentons donc de nous concentrer sur le bon plutôt que sur le mauvais, il n’y a pas de sens à se concentrer sur le mauvais côté des choses.
Car les créatures aussi ont un coté mauvais, une certaine folie, nous nous concentrons seulement sur le coté positif…

 

LMC : C’est plutôt bon signe. Dans une précédente interview, vous disiez que les humains étaient à votre botte, des sortes d’esclaves, contrôlés par vous, les créatures, et non l’inverse.

Puppetmastaz : Oui nous avons fait la paix avec les humains à présent, tout est une question de connexion, voir une extension de nous- même.
Si je vis avec ce frigo ici, durant disons 5 ans, je vais créer une connexion avec lui. Il sera l ‘extension de moi-même. Si quelqu’un frappe ce frigo avec un marteau alors il me fera souffrir dans le même temps. Les créatures sont dans la même symbolique des extensions. Nous en avons assez de nous battre contre les humains, nous faisons donc avec eux à présent. Nous continuons quand même à nous battre contre certains humains que nous détestons. Nous pensons que le faible doit être intégré au fort, le petit dans le grand. Les humains ont parfois traité les animaux d’une manière atroce car ils se pensaient plus grand, plus intelligent. Si nous continuons de la sorte, notre civilisation finira comme Babylon.

 

LMC : Changeons de sujet, on pourrait séparer « Revolve and Step Up » en deux parties : la première plus expérimentale que toutes vos précédentes créations, et une deuxième partie qui ressemble plus à un retour aux sources, à ce que vous saviez faire avant, avec des samples et des phrasés plus old-school…

Puppetmastaz : À vrai dire, cet album a été une sorte d’exploration, nous avons exploré différents styles : une chanson style David Bowie, une autre qui tire plus vers de l’électro typiquement allemande, quand une autre ressemblera plus à du rock.
Si tu restes bloqué dans ton son, dans ton style, comme admettons… 50cent qui ressort toujours les mêmes merdes, c’est extrêmement ennuyeux.
Nous pensons que la musique consiste au contraire à faire apparaitre les différences qui se trouvent en chacun de nous et entre nous, plutôt que de souligner tout ce qui se ressemble. Nous cherchons chaque point de différenciation, puis les mettons en musique, et jouons la dessus.

 

Puppetmastaz-interview-01

 

LMC : Vous trouvez que le monde de la musique a changé ces dernières années ? En particulier concernant le hip-hop ?

Puppetastaz : Je ne peux pas vraiment répondre à cette question à travers mon propre univers. Pour moi le hip-hop à ses débuts était quelque chose de très expérimental; vous aviez des batteries structurées à partir de machines, peut-être même des bongos, vous fabriquiez des sons, des bruits que vous diffusiez à travers un système audio… Ça se doit d’être expérimental, un peu comme le jazz a su l’être à travers le temps.

 

LMC : Au vu des nombreuses collaborations avec des artistes français dans vos précédents albums, on peut dire que vous avez une connexion privilégiée avec ce pays. Quel artiste français avez vous pu écouter/découvrir ces derniers temps ?

Puppetmastaz : Le dernier que j’ai réellement adoré est Joey Starr.

 

LMC : Son dernier album ?

Puppemastaz : Non, d’une manière générale, j’aime bien sa voix, ça sonne comme Cookie Monster. Je ne comprends pas vraiment ce qu’il dit, du coup c’est assez compliqué… Que dit-il d’ailleurs ?

 

LMC : Comment dire…

Puppetmastaz : Il est stupide ?

 

LMC : Non, il parle beaucoup de sa vie, de son passé, c’est très introspectif. Mais il n’a plus beaucoup de temps pour bosser sa musique, c’est un acteur maintenant, le cinéma essai de l’attraper avec un César.
Un dernier mot avant de monter sur scène ?

Puppetmastaz : « Life is a kind of magic, a kind of tragic, don’t stop your body rock, revolve and step up. YEAH. »

LMC : Amen.

 


Propos recueuillis par Clément Cohé
Photos : Julien Bourrelly

Lisez aussi :

Puppetmastaz : Pimprenelle et Nicolas sont bien loin...
High Damage : ça plane pour le Dub

Partagez cet article !



(0) Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

About Author

Flo-N&b

Graphic&Web Designer // Fondateur du Mauvais Coton