Les filles sont belles et les hommes sont forts à Belfort (proverbe local)
Chronique de vacances oubliée sur une plage, finalement retrouvée sur les bords du Rhône, un soir de pleine lune

9.09.12

Le Mauvais Coton était présent pour le week-end marathon des Eurockéennes de Belfort, entre grand soleil et pluie battante, du vendredi au dimanche, du plus franc sourire à la plus grande dépression. Faire un récit détaillé du périple serait long pour vos yeux, fastidieux pour votre cerveau, et ennuyeux pour votre humeur. Il est donc temps de vous faire part de nos moments choisis à travers une série de Tops (Charlie et Lulu, nous vous saluons), du plus pertinent au plus futile, car un festival n’est pas non plus qu’une question de musique.

Eurockéennes 2012

ROULEMENTS DE TAMBOURS…

TOP 5 DES MEILLEURS CONCERTS :

N°1 : Die Antwoord – Nous étions peu nombreux, la pluie ayant rincée la motivation de nombreux festivaliers. Sachez pour votre gouverne que vous avez manqué de très loin l’un des meilleurs instants musicaux (et sauvages) de votre vie.

Le set des rednecks sud-africains était sans aucun doute le plus physique du festival, au point de commencer sur les premières notes de « Fok Julle Naïers » totalement détrempé pour finir sur « I Fink U Freeky » en feu, la qualité sonore des frappes de DJ Hi-Tekk (1er producteur sous stéroïdes, donc) aussi parfaites que massives, c’était aussi propre qu’un bloc opératoire, aussi sanglant qu’un abattoir, aussi court qu’une comptine, à ce moment-là, on aurait pu dormir dans la boue, on était bien…

N°2 : Jack White – Je vous vois venir, nous traiter de lourds, qu’on radote : pour la vraie chronique détaillée, c’est par-. Pour le reste, Jacky et ses nymphes râtent la première place pour coupures de courant intempestives, slaloms de strikers sur scène, et car on ne peut pas être premier et être le sosie de Barnabas Collins.

N°3 : Michael Kiwanuka – Dans un tout autre style, le jeune Michael K. (qui n’a rien de japonais) nous a offert un voyage express à Woodstock, « Tell Me A Tale », « Home Again » ou « Worry Walks Beside Me » font mouche, c’est doux comme un gros nuage opiacé, le tout sublimé par le cadre de la plage, quelques hippies seins nues et nous étions au paradis.

N°4 : The Cure – Bon on va être franc, nous sommes arrivés sur la fin, mais nous pouvons à présent mourir en paix, voir Robert Smith chanter « Boys Don’t Cry » n’a pas de prix. Nos larmes de joie passaient inaperçues sous la bruine.

N°5 : Alabama Shakes – Une énergie folle, une voix à vous réveiller un parterre de comateux, un bouleversant « You Ain’t Alone » et un sulfureux « Heavy Chevy ». La combinaison parfaite d’un featuring d’Otis Reading et de Born Ruffians, en somme.

Mentions spéciales :

- C2C : Mais promis, on arrête de vous harceler.
- Dope DOD : Ces gens font peur, vraiment, mais distribuent du whisky au pistolet à eau, la bonne idée.
- Cypress Hill : Sortir un joint sur « I Wanna Get High » revient à foncer au bélier dans une porte grande ouverte, mais quand même, la légende quoi…

 

TOP 5 DES RÉCLAMATIONS

N°1 : Lana Del Rey – Ok c’est facile de taper dessus, même que c’est à la mode, mais c’était gravement mou, fade, la gonz aux grosses lèvres s’est même permis de descendre fumer une clope, se faire tatouer des obscénités sur le bras, avant de revenir chantonner. Un brin déçu, donc.

N°2 : Kavinski – Il est venu, il a joué, il s’est mis à pleuvoir…

N°3 : 1995 – La prestation en soi n’ayant rien à envier au plus grands, ca bouge des sneakers, ca kick sur du booga, ça a dû chauffer les ingés son à monter le volume très fort. Si quelqu’un a retrouvé ma part d’audition qui a été perdue à ce moment-là, je suis preneur.

N°4 : La plage à Pedro – Étant premier sur les breaking news, nous sommes allés voir Skream et Benga. Ils ne devaient pas être au courant…

N°5 : The Brian Jonestown Massacre – Une nonchalance à la limite de l’insulte en pleine gueule pour un groupe que tout le monde attendait tant, non pas que cela soit étonnant venant d’Anton Newcombe, mais un effort les gars, ce serait pas de trop, c’est un peu comme aller voir un groupe répéter et sentir que tu les emmerde.

Mention spéciale :

- Carbon Airways : Vous êtes sérieux les mecs ?

 

TOP 5 DES MAUVAISES IDEES :

N°1 : Lana Del Rey + la plage – POURQUOI ? Pourquoi programmer le plus gros buzz de l’année sur une scene aussi petite ? hormis pour créer des bastons, des crises d’angoisses, des glissades, des escalades sur régie et de la frustration, nous cherchons encore…

N°2 : Les douches - Un festival qui peut se targuer d’être full à 100 000 personnes dont 17 000 campeurs devrait penser à prévoir plus de 20 douches, mais c’est juste une idée hein… même ouvertes, même froides, on s’en fout, juste pour ne pas mourir d’insolation sous 35 degrés, pendant 1h parfois (tout le temps en fait).

N°3 : Reggie Watts + Jake White – Le pître New Yorkais est venu se taper une petite impro’ juste avant Jacky, laissant tout le monde circonspect. Si il cherchait à mettre l’ambiance, je préférais les clips de la sécurité routière.

N°4 : Pluie + Terre = ?? – Ben oui, = BOUE, la météo a été bien cruelle (Creamfield n’a qu’à bien se tenir). Je reviens sur le fait qu’un festival qui affiche autant de monde, au milieu de tout ces paysans, devrait prévoir un peu de paille. Ça éviterait à certains de finir en béquilles, de jeter ses chaussures, de prévoir un plan digne de l’armée de terre pour aller d’une scène à l’autre sans risquer de se fracasser / s’épuiser / louper le concert.

N°5 : Manger du chili – Comme ça, sans raison, hormis celle de souhaiter visiter les toilettes sous toutes leurs (mé)formes.

Mentions spéciales :

- « Bonjour, je voudrais un K-Way s’il vous plait »

- « Ha désolé on a tout vendu hier »

- « Super merci. Je vais prendre un sac poubelle. »

- « On a plus de sac poubelle. »

- « Bon ben je choisis la grippe alors. »

 

TOP 5 BOUFFE :

N°1 : Le stand argentin – Découverte de nouvelles papilles encore inconnues ou endormies depuis trop longtemps à ce stand. Du porc, du gras, du gros sel, une courte mais juste cuisson et des herbes de toutes les couleurs, même le budget pour les courses est parti dedans.

N°2 : Les tartiflettes – Partir en Savoie le temps de quelques bouchées, cela n’a pas de prix, surtout quand le temps semble se prendre pour Katrina. Du chaud, du fromage, des patates, du cholestérol, on est paré pour affronter la pluie.

N°3 : Les hot-dogs made in NYC – Non on déconne, c’était juste du pain au lait avec des oignons grillés, et une saucisse. MAIS PUTAIN QUE C’EST BON.

N°4 : La sandwicherie solidaire – Car oui, on nous le dit depuis des mois et des mois, c’est la crise, et des sandwichs à 2,50 ne se refusent pas, surtout d’aussi bonnes factures, surtout quand on sait qu’un budget festival peut s’envoler au détour d’un verre de rouge, pensant bêtement que tout à coup, nous voilà millionnaires.

N°5 : Le stand muffin – Car oui, il y avait UN STAND MUFFIN QUOI !!!

Mention spéciale :

- Stand Sushi : Pourquoi ?

 

TOP 5 DES PUNCHLINES ENTENDUES

N°1 : « Sinon il y a aussi cours de boxe sur la grande scène » (un type à l’humour douteux au moment du concert d’Amadou et Mariam feat Bertrand Cantat)

N°2 : « Si elle avait pas fait de la chanson, elle aurait pu être première ligne » (les filles sur les filles durant Alabama Shakes)

N°3 :

-     « Bonjour, il me faudrait 8 pintes s’il vous plait »

(10 minutes plus tard)

-       « Voici »

-       « Il m’en faudrait 6 de plus en fait »

(Le mec devant toi au bar le plus peuplé, mais aussi champion du monde du bar qui se ramène en festival accueillant 100 000 personnes avec moins de tireuses que de serveurs. C’est-à-dire 3.)

N°4 : « Tu me portes ? » (les filles aux yeux de biches)

N°5 : « Venez on va voir Lana Del Rey » (90 % des festivaliers, nous inclus, idiots que nous sommes)

Mention spéciale :

-      « On revient quand ? »


Texte : Clément Cohé