Orelsan : interview pour son nouvel album « Le chant des sirènes »
"Le chant des sirènes", disponible aujourd'hui, 26 septembre 2011

26.09.11

Deux ans après avoir sorti son premier album, la caennais Aurélien «Orelsan» Cotentin revient avec son second opus «Le chant des sirènes». Les cheveux plus longs et la barbe en plus, il nous explique en détails ce nouvel album avec lequel il confirme qu’il fait bel et bien parti du rap game à la sauce normande.

Propos recueillis par Raphaël Le Manchec.

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Pour ceux qui ne te connaitraient pas encore, peux-tu te présenter rapidement ?

Orelsan : Je m’appelle Oreslan, je suis un rappeur, je viens de Caen. Je sors un deuxième album qui s’appelle «Le chant des sirènes» après mon premier album qui s’appelait «Perdu d’avance» sorti il y a deux ans. J’ai commencé à me faire connaitre en mettant des vidéos sur Myspace il y a quatre/cinq ans. Voilà pour l’instant.

 

A quel âge as-tu commencé à écrire tes premiers textes ?

Orelsan : J’ai commencé à rapper à treize ans, au début c’était un peu des impros, des trucs que j’écrivais plus ou moins. C’était surtout histoire de rapper en soirée, faire des freestyles. J’ai commencé ça comme j’aurais pu faire d’un instrument. Ca me plaisait, et ça m’est venu naturellement, mais c’était n’importe quoi bien sûr. Si un jour on retrouve les premiers trucs que j’ai fait c’est complètement ridicule, mais bon c’est ça qui est marrant aussi. Donc voilà, ça fait maintenant plus de dix ans.

 

Comment as-tu vécu la période qui sépare la sortie des deux albums ? Comment est-ce que tu as repris le chemin de l’écriture ?

Orelsan : Il y a eu une rupture, déjà dans le premier album je disais «il n’y aura pas de deuxième album, j’ai tout mis dans le premier». Le premier, il parlait vraiment de toute ma vie entre quinze et vingt-cinq ans, du coup quand il a fallu réécrire un album au bout de deux ans alors que je n’avais rien fait de ma vie à part aller en tournée, sortir un peu, profiter, et une polémique, je ne savais pas où trouver l’inspiration. Je ne voulais pas faire la même chose, ça ne m’intéressait pas de réécrire les mêmes textes. Je voulais que ça reste moi, mais que ça soit un peu plus dans la continuité, que ça soit différent sans que ça soit complètement autre chose. Je me suis remis à écrire à peu près huit mois, un an après. C’est revenu tout seul, je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de chansons. Sur le premier album j’ai fait quatorze chansons, et j’ai gardé les quatorze. Là, j’ai fait une bonne vingtaine, une bonne trentaine de chansons, et il y en a seize sur l’album. J’ai quand même eu du mal à relancer le truc, à retrouver l’inspiration. Mais c’est pas vraiment l’inspiration qui était dure à trouver, c’était plutôt une ligne directrice.

 

Est-ce que tu considères donc avoir souffert d’une crise d’inspiration ?

Orelsan : Si si, il y eu des moments où je n’avais plus d’inspiration du tout. En fait tout dépend de ce que tu apprends, parce que quand tu écris un texte de rap c’est que tu sais le faire, mais après le challenge c’est d’aller plus loin qu’un simple texte de rap. Réussir à me renouveler, à faire des choses qui me plaisent sans pour autant tout changer.

 

Le processus d’écriture est-il resté identique ?

Orelsan : C’est un peu différent dans le sens où avant quand j’écrivais un texte, je le faisais écouter dès qu’il était fini, et il y avait de fortes chances pour que je ne change rien et qu’il reste comme ça sur l’album. Maintenant, je suis beaucoup plus flexible, je peux faire un texte, commencer à en parler, dire à Skread (son producteur) «j’ai ça comme son, qu’est-ce que tu en penses?». Donc enregistrer un truc, et le retravailler.