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Tsugi Federation, du 13 au 16 octobre 2011 à la Gaîté Lyrique

Chroniques Livomatique Musique — 24-10-2011

Quatre jours durant, le magazine Tsugi a fêté ses 4 ans dans différents lieux de la capitale. Pour notre part, on était à la soirée d’ouverture à la Gaîté Lyrique.

Fédérer: verbe transitif. Rassembler en fédération, grouper.

 

Tsugi Fédération

 

Le premier concert était donné par les Versatile Noise Troopers. Vous n’en avez jamais entendus parler ? C’est normal, c’était une première. Une chose dont nous sommes sûrs c’est que derrière ce nom de code très SF, se cachent quatre joyeux drilles. Le quatuor est composé de Gilb’R, boss du label Versatile, I:Cube, moitié de Château Flight, Joakim, patron du label Tigersushi, et Etienne Jaumet, moitié du groupe Zombie Zombie.

Disposés en carré au centre de la salle, les quatre copains étaient armés de leurs synthétiseurs, boîte à rythmes et claviers, disposés à séduire un public qui n’a pas mis longtemps à esquisser ses premiers pas de danse.

Commençons par Etienne Jaumet, dont le headbanging dès les premières mesures laissait présager le meilleur. Les plus observateurs auront remarqué depuis le départ qu’à côté de lui était posé un saxophone dont on était impatients d’entendre l’écho. Il tapait frénétiquement sur son clavier comme pour mieux lancer le rythme de ce qui allait devenir une chorale électronique. Ceux qui l’avait vu en live pour l’album Nightmusic n’ont pas été surpris par sa technique, et le son analogique qu’il chérie tant. A sa gauche se trouvait Gilb’r, dont le pied droit n’a pas cessé une minute de taper le sol pour mieux externaliser l’énergie qu’il possédait. On continue le tour de table pour tomber sur I:Cube, dont le remix d’Around The World des Daft Punk en 1996 l’a propulsé sur le devant d’une scène sur laquelle il a su se démarquer, autant en solo qu’au sein de Château Flight. Authentique adorateur des machines, c’est sur ces dernières qu’il brille. Enfin, voilà le tour de Joakim, parvenu à se cacher derrière ce qu’on a d’abord cru n’être qu’une grande valise, mais qui cachait un clavier et une large palette de boutons.

Gilb'r

Gilb'r

La puissance de la réunion de ces quatre grands acteurs de la scène électronique actuelle vient certainement du fait qu’ils excellent dans le maniement de leurs machines. D’un point de vue purement musical, on appréciera la facilité avec laquelle ils se déplacent entre musique cosmique et aérienne, et une musique plutôt teintée de basses et de bpm’s. Il faut cependant noter un bémol à cette harmonie. En effet, on regrettera un manque de volume sonore flagrant qui ne se reproduira heureusement pas au cours de la soirée.

Étienne Jaumet

Étienne Jaumet


Après cette mise en bouche et un passage au bar pour se rafraichir le gosillon, nous voilà devant Code Napoléon. N’allez pas vous imaginer que les mecs ont déliré et ont programmé une conférence d’histoire. Code Napoléon c’est un projet qui rassemble Turzi (Record Makers), Kill For Total Peace (Pan European Recording), et Arnaud Rebotini (Black Strobe Records). Tandis que le chanteur lâchait ses premières vocalises, les trois autres avaient déjà actionné leurs machines pour laisser paraître la puissance du son. Arnaud Rebotini dès les premières minutes assurait le back-up de sa voix grave et puissante, réchauffée par les quelques gouttes d’alcool russe qu’il s’envoyait virilement derrière ses claviers. Turzi semblait à l’aise sur scène, à l’image que l’on se faisait de lui quand on écoute son dernier album, calme et posé. Kill For Total Peace était tout autant serein. Pendant ce temps, le chanteur ne bougeait pas d’un centimètre et continuait à hypnotiser le public d’une voix singulière. Connaissant les sons électroniques bruts de Robotini, on n’a pas été surpris du résultat mais il faut avouer qu’avec le chant, tout cela prenait une autre dimension. Alors que nous étions plutôt convaincus de cet ensemble électonico-vocal, on regrettera qu’ils soient partis de scène aussi vite, à peine 45 minutes après avoir commencé.

Code Napoleon

Code Napoleon


Pas déconcerté pour autant, c’est avec grande impatience que l’on attendait l’arrivée sur scène de Bot’Ox, toujours pas lassé d’écouter en boucle leur album Babylon Car. Loin d’être de la chirurgie esthétique, le duo formé par Benjamin Boguet (Cosmo Vitelli) et Julien Briffaz ([T]ekël) navigue sur les flots de la musique électronique, et du rock. Sur scène l’on découvre qu’ils sont quatre à se produire: un batteur, un guitariste, un bassiste, et un autre qui contrôle les machines. Dès les premières mesures, on ne peut s’empêcher de ressentir une énergie particulière, quelque chose qui donne envie de faire des bonds de trois mètres, quitte à déranger celui qui se trouve à côté. En live, c’est donc comme en cd mais en mieux, beaucoup mieux. Les mecs ne s’arrêtent pas pendant une heure, surtout pas le batteur dont les baguettes doivent sacrément souffrir. Batteur qui tient ici une place très importante, au sens où il est le véritable chef d’orchestre et rien ne semble pouvoir stopper sa frénésie. Ce qui nous a plu par ailleurs dans ce live, c’est l’intelligence avec laquelle ce groupe arrive à garder une ligne électronique, tout en faisant appel à des sonorités rock, proches d’un groupe de métal, et de drum’n’bass. En effet, certains passages cognent tellement que le pogo ne semblait pas loin du tout. On était au premier rang et on peut vous assurer qu’il fallait être vigilants pour pas s’en prendre une au coin de l’oeil. Transpirants et contents on était, prêt à affronter un deuxième round. Malheureusement, une heure s’était déjà écoulée, et Bot’Ox devait laisser place au dernier groupe de la soirée, Battant.

Bot'ox

Bot'ox


C’est dans un contexte particulier que ce dernier est arrivés sur scène, puisque son chanteur Joel Dever est disparu le 20 septembre alors qu’allait sortir le 3 octobre leur nouvel opus As I Ride With No Horse. Pour lui rendre hommage, le groupe a maintenu cette date, et Chloé Raunet (l’autre moitié du groupe) de dire par communiqué «qu’il restera pour toujours dans nos coeurs battants. KTDJ» (Kill The Dj, nom du label sur lequel ils sont signés). C’est donc avec une grand force que le groupe s’installe sur scène, face à un public qui s’est réduit en fin de soirée. Chloé Raunet, fidèle à son style androgyne, aussi séduisante musicalement que physiquement, s’est malgré tout attachée à satisfaire des gens comme nous qui attendait d’en savoir davantage sur leur prestation scénique. Laissant de fait transparaitre une certaine fragilité, les chansons de Battant sont influencées par des groupes de post-punk tels que Suicide ou Young Marble Giants. Les paroles décrivent un univers assez sombre, bien que parfois décalées, et exposent la violence quotidienne à laquelle nous faisons face. Le tragique dans tout ça est surement donné par une batterie omniprésente et impeccable, qui plaque et ponctue mécaniquement les chansons, et nous rappelle que Battant est un groupe à l’expérience certaine. Pour autant, Battant n’est pas à ranger dans un univers gothique, mais à savourer comme un pur produit de rock brut, alliée à la voix d’une chanteuse dont la suavité a sue brillamment conclure la soirée.

Battant

Battant

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