Basement Double Mixte

Slider by IWEBIX





Premier album de Purity Ring, Shrines le 24 juillet 2012 (4AD Records)

Chroniques Musique — 08-08-2012

C’est l’histoire du projet parallèle d’un gars et d’une fille plutôt branchés Pop qui est contée dans le premier album de Purity Ring, Shrines. Petite démonstration de ce qu’on peut arriver à faire à deux. Ancré dans une mouvance Electro-Pop, l’album est à glisser dans vos valises pour la période estivale. Et sérieux, c’est pas du flan !


Purity Ring

Ce gars et cette fille ne sont autres que les deux jeunes Canadiens Corin Roddick et Megan James, les figures de proue du groupe Indie Gobble Gobble (« Glou Glou » en gros). Le côté anecdotique, c’est que d’abord tourné vers le R’n'B puis vers le Rock-Indé, on les retrouve plongés dans un univers assez différent de ce qui les a inspiré musicalement. Comme quoi, on fait vraiment feu de tout bois (Copyright Almanach des expressions 50′s) ! Donc, c’est aux alentours de 2010-2011 que le duo prend forme et se dessine lorsque leur premier groupe était en tournée. Le premier morceau qui a fait connaître le binôme (et qui se trouve également dans l’album), « Ungirthed », est resté dans les esprits un genre de chef-d’œuvre unique en son genre. Mais la critique en redemande, et le duo initialement prévu pour la marrade ne s’arrête pas là et nous en jette plein les yeux avec Lofticries il y a de ça un peu plus d’un an. Ils signent assez rapidement dans l’écurie londonienne 4AD Records, bien active depuis les années 80. La sortie de l’album Shrines répond ainsi à tout un enthousiasme autour de la paire vive et prolifique. En même temps, ça ne fait que deux ans qu’ils se sont formés, on ne peut pas aller plus vite que la musique.

Purity Ring - Shrines

On se laisse facilement envoûter par la formule que Purity Ring a choisi d’utiliser dans son album. Au fil des musiques on se rend compte que les deux artistes ont su s’accorder dans un style né de la Pop pour s’accrocher à l’Electro façon Witch House. Alors la Witch House, c’est ce genre qu’on a vu débarquer depuis deux ou trois ans sur les ondes avec des groupes comme les Crystal Castles, Salem, DJ Screw ou encore oOoOO. Brièvement, la Witch House est une musique décalée, assez cynique qui se veut revendiquer l’élaboration d’une musique de mystère baigné d’inquiétude. Même si certaines groupes poussent à l’extrême le vice en soupirant des tracks qui vous font plus froid dans le dos un vendredi 13 qu’autre chose, le genre est nouveau et Purity Ring tend vraiment à s’inscrire dans ce sillage. Rien que le nom qui fait référence aux « bagues de viginité » n’en est pas moins ironique et sarcastique. On vous passera les détails.

En tout cas, on est séduit par cet habile alliage de drums assez violentes avec des sonorités liquides et cristallines apposées sur des textes tout sauf chastes. Mais la voix de Megan James étant ce qu’elle est, on a plus l’impression que l’album est une ode à l’amour qu’un appel à la violence ( Fineshrine par exemple). Le rythme de ses berceuses funestes n’en reste pas moins très entraînant. Les échos donnés au timbre des deux Albertains restent un gage de qualité et une empreinte atypique de la Witch House. On arrive avec un travail réfléchi sur les variations musicales à une Pop de départ totalement retravaillée jusqu’à la racine, aboutissant ainsi à une production artistique

attractive et constructive. On y sentirait même au fur et à mesure des écoutes une influence limite Hip-Hop.

On retient surtout les pistes Obedear ou Belispeak qui signent avec brio l’empreinte de Purity Ring dans l’innovation musicale récente. On retrouve ainsi toute un côté agréablement décousu et vicieusement efficace. Le petit son pointu et aigu que l’on trouve sur Obedear pique l’oreille, poussant ainsi à la fascination. L’autre mélopée sautillante, Belispeak s’inscrit totalement dans la beauté effrontée de Purity Ring, toujours en immisçant la sonorité perforante et unique qui forge leur identité. Par ailleurs, le déjà célèbre Lofticries s’impose par ses samples évasifs portés vers une vague de légèreté sur laquelle surfe brillamment la voix effilée et suave de Megan James. Cette voix est d’ailleurs à relier au sillon que nous avions mis en exergues avec Iamamiwhoami (voir article précédent). On pense tout de suite à Grimes ou encore Chromatics lorsqu’on essaie de décortiquer la structure ou plutôt la déstructure des morceaux.
Plus on essaye de définir leur production musicale par des inspirations ou des influences, plus on se rend compte que Purity Ring est un puits musical, s’attachant à amonceler et remodeler les genres pour parvenir à un résultat singulier qui suscite l’intérêt. Néanmoins, il reste dommage que les pistes présentées sur ce LP soit majoritairement connues du public depuis un an. A part quelques pistes « surprises » comme Crawlersout ou Grandloves, l’album n’est qu’un regroupement de tracks éparpillées depuis la formation de Purity Ring. Le deuxième bémol qui serait à soulever, bien que l’album reste subtil et vraiment plaisant, est une ressemblance entre les morceaux. Après, soit on trouve que cette homogénéité prouve un immobilisme musical, soit on se décide à y voir là la trouvaille d’un équilibre artistique et harmonieux pour les deux Canadiens.


Texte : Thibault Van der Schooten
liens :
Tumblr : http://thepurityring.tumblr.com/
4 AD Records : http://www.4ad.com/
Myspace : http://www.myspace.com/purityring

Lisez aussi :

Les filles sont belles et les hommes sont forts à Belfort (proverbe local)
À nous les grands Anglais !

Partagez cet article !



(0) Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

About Author

Flo-N&b

Graphic&Web Designer // Fondateur du Mauvais Coton