Basement Double Mixte

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Le 7 avril dernier se déroulait le deuxième chapitre du réperkusound au Double-Mixte, au détour d’un entrevue avec Chinese Man, Mediatone avait pour l’occasion invité une bande de bouchers professionnels, préparez votre gamelle c’est l’heure de la distribution

Livomatique Musique — 19-04-2012

Un miracle a eu lieu en ce soir d’avril, nous sommes arrivés pour la premiere fois de notre courte collaboration avec une heure d’avance pour le concert… et une heure de retard à l’interview de Chinese Man, nous sommes une équipe de champions.

L’interview en boîte, nous voilà guidés jusqu’à la première joute, Biga Ranx, Reggae énervé de Tours bon enfant, pas de quoi vider un lapin, on se laisse doucement entraîner par les ondes, la formation a pourtant tout pour donner mal au crâne, 2 MC’s, une fille au chant, on dirait du killswitch engaged version dub. J’hésite à me mettre deux doigts au fond de la gorge. Puis en y tendant l’oreille de plus près, on se dit que les type maîtrisent quand même leur sujet, le flow est excellent mais l’instru’ un peu trop propre comparé au reste de la soirée. Finalement après avoir tapé du pied, regardé autour de moi, la sauce à l’air de prendre, le public est réceptif, mes jambes aussi, mais elles sont bien moins bourrées qu’eux.

Le problème quand vous faites un festival c’est qu’il est impossible de se targuer de pouvoir voir tout les groupes lors d’une seule soirée, pour la simple et bonne raison que tous se chevauchent les uns aux autres. Quand l’un fini, l’autre a déjà débuté son set depuis 30 minutes, les chroniques qui vont suivre reposent donc uniquement sur un choix totalement égoïste de notre part.

Nous revoilà donc dans le plus grand des deux charniers, Chinese Man vient de commencer, et comme toute tête d’affiche attire foule de fan en délire et pélos de tous bords. À notre grande surprise (là, je mens totalement, étant donné que nous avons passé 45 minutes avec eux avant l’ouverture des portes), Tumi du groupe sud-africain Tumi And The Volume est de la partie, pour ce soir et tout le reste de la tournée.

La foule fut rassasiée dans son intégralité, de l’indéboulonnable « I’ve Got That Tune » à « Misschang », tout y passe. Les morceaux restent cependant pour beaucoup dans leur pelage d’origine; quelques passage Drum & Bass viendrons corser le tout quand des suées World Music nous rafraîchirons tout au long du set. « Le Pudding » de Léo le Bug viendra nous achever transformant le Double-Mixte en stade, tout le monde chante à l’unisson, il manque que les banderoles et nous voilà à Old Trafford.

Premier détour sur la scène du bas, Modestep est en train de terminer, vu la puissance de leur prestation on en serait presque déçu de pas être arrivé plus tôt, les infras grincent comme du vieux parquet et le MC balance un flow aussi puissant que l’instru’; les deux Anglais sortent trop vite de leur bulldozer, laissant une friche en guise de public.

Petit changement de plateau, on en profite pour aller se rafraîchir, à deux encablures de là se déroule un atelier de body-painting, armé de notre bonne conscience professionnelle on file jeter un oeil : les visages nous sont familiers, normal me diriez vous, la moitié des volontaires sont des bénévoles, l’opération investigation se transforme en débat philosophique sur « doit-on les regarder dans les yeux ? »… Pas le temps de réfléchir, DJ Krush entame sont set.

Dans mon souvenir, le Japonais de poche, alors sur la scène du Poste à Galène de Marseille, balançait de l’abstract hiphop qui laissait songeur, étalant sa maitrise au criterium pour nous pondre une toile musicale qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Pour Lyon (Ainsi que pour fêter ses 20 ans de carrière), Hideaki de son prénom a troqué le criterium par la truelle et le plomb par du gravier. Je m’explique : son fabuleux Abstract Hip-Hop s’est mué pour l’occasion en barouf aux couleurs Dubstep, les beats sont devenu poisseux comme un détour dans un bidonville sud-américain. Malgré les détours jazzy et old-school que le Japonais a pu prendre, il semble mettre un point d’honneur à pourrir le tout d’un hâle noir et crasseux, tirant les fréquences à leurs extrêmes. La salle prend des allures de squat underground, les beats sont concassés, démembrés puis reconstruits, pour aboutir à un monstre d’abstraction et de déstructuration. Y étant tous attirés, le public est sans dessus dessous, en roue libre, c’est la lie.

La review du passage de DJ Food a été supprimée, pour la simple et bonne raison que NON, le fait d’être sous l’égide d’un immense label (Ninja Tune ici présent) ne nous permet pas tout, et encore moins les reprises douteuses de Daft punk et des Beatles (Come Together s’est pris une balle dans la nuque pour le coup), on dirait du Wax Tailor en solde sur les marchés de Vintimille, Flood jte cause plus…).

Après un long interlude clope et l’impossibilité de passer dans la salle du haut, nous voilà devant Son Of Kick. Au vu de ses productions, nous étions beaucoup à attendre de voir l’ex Français-neo Londonien sur scène, et nous en attendions beaucoup de sa part. Autant vous dire tout de suite, nos attentes furent comblées, appréhendant à la perfection la scène londonienne, il a su dégager à lui tout seul plus de puissance, d’énergie et d’inertie que la totalité des autres groupes réunis. Du High-Tempo de brute, nous gratifiant des productions qui ont fait parler d’elles ces derniers mois (un petit bout de « Guacha » par-ci, une relecture heurtée de «Playing The Villain »), offrant même son dernier joyau avec Grems -64 – au détour d’un The Doors passé à la moulinette Dubstep.

Le pit est à feu et à sang.

Dernier retour sur la grande scène, le set précédent m’ayant mis une authentique claque dans les tympans, le set Dirtyphonics n’a su être traduit par mon cerveau que par ceci :

BBBRRRRZZZZZZWAWAWAWAWAWAAAAAFYFImiisflgdmojdmdmthdogxm…

Il est temps de filer, je crois.


Cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir.


Texte : Clément Cohé
Photographies : Julien Bourrelly

Biga*Ranx : bigaranx.com
ChineseMan : www.chinesemanrecords.com
Modestep : www.modestep.com
DJ Krush : www.sus81.jp/djkrush
DJ Food : www.myspace.com/ninjatune
Son of  Kick : soundcloud.com/sonofkick
DirtyPhonics : soundcloud.com/dirtyphonics

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(2) Commentaires

  1. « armé de notre bonne conscience professionnelle on file jeter un oeil »
    Hahaha, même sans être là pour le boulot, je me suis posé la même question :D

  2. A propos de SOn Of Kick : « nos attentes furent comblées, appréhendant à la perfection la scène londonienne, il à su dégager à lui tout seul plus de puissance, d’énergie et d’inertie que la totalité des autres groupes réunis »
    Pour la faute dorthographe et pour la faute de mixe qui était vraiment pour le coup, pas à mon coup de pervers pépère.

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