Basement Double Mixte

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Le 8 avril 2012 au Double Mixte

Livomatique Musique — 22-04-2012

Dernière nuit, derniers frissons… Pour clôturer en fanfare cette édition 2012, un programme dense aux fortes résonances électro était au menu. Une soirée affichant une nouvelle fois complet, marquée par la présence de nombreuses têtes d’affiche sur un double étage à la limite de l’implosion.

Il est 22h30 passé de quelques minutes lors de notre irruption dans une salle haute aux deux tiers comble qui a su répondre présente à la ponctualité d’un apéritif au champagne : les Rémois de The Shoes sont déjà au taquet. On se dit d’entrée que le choix d’un concert introductif aux accents Electro-Pop risque de s’avérer payant : entre les curieux venus gouter à la performance scénique du jeune groupe ayant déjà bonne presse et les conquis par leur premier album « Crack the bones », la prestation du duo transformé ce soir en quatuor était attendue. Et pour cause. Avec une énergie appréciable, les Shoes balancent des morceaux qui résonnent comme autant de tubes dont la foule se presse de s’emparer. En distillant des compositions aux influences sonores variées mais toujours entrainantes, le groupe parvient sans mal à faire adhérer le public au credo de son titre-phare, « Time to dance« . Pour les séduits ou les absents, le tandem fera un nouveau crochet par Lyon à l’occasion des Nuits Sonores…

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Pas le temps de prolonger le plaisir jusqu’à terme qu’il est déjà l’heure de rejoindre Arnaud Rebotini à l’étage inférieur. Dans cette salle à la dimension plus intimiste, on est d’entrée frappé par la présence scénique de ce Nancéen d’origine. Bien loin du cadre traditionnel des concerts électro axés sur les jeux de lumière et le rapport du DJ avec ses platines, le fondateur du groupe Black Strobe à la fin des années 1990 est sur scène comme dans son studio. Sans ordinateur et entouré de multiples synthétiseurs analogiques et boites à rythmes presque tous plus vieux que le public qui lui fait face, il joue avec ses machines comme un jongleur le ferait avec ses quilles. En donnant l’impression d’être en improvisation constante alors qu’il se livre à un véritable exercice d’équilibriste à la précision rigoureuse, le compositeur français délivre une forme de techno vintage qui tient en haleine durant plus d’une heure une foule de plus en plus compacte au fil des minutes. En live, Arnaud Rebotini prend son pied et ça se voit !

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Sur la scène haute, The Shoes a laissé sa place aux quatre membres de C2C. Fondé en 1998, le groupe composé des deux membres créateurs d’Hocus Pocus et des deux DJs de Beat Torrent était lui aussi très attendu. Un détour désaltérant par le bar plus tard, on apprend au détour d’une conversation que le début du show du collectif nantais fut marqué par une brève coupure de courant… Si les écrans de la salle ne s’en sont pas rallumés, c’est en fait probablement tant mieux car ici, tout le spectacle se passe dans nos oreilles ! Quadruple champions du monde par équipe de Disco Mix Club – compétition internationale annuelle de mixage – dans les années 2000, C2C sait régaler les tympans. Alignés sur scène les uns à coté des autres derrière leurs respectives platines à vinyles, le quatuor excelle dans ce style musical qui leur colle à la peau mais que l’on ne sait trop nommer, à mi-chemin entre le Hip Hop et l’électro. Au milieu des incessants enchainements de scratches, on se laisse facilement emporté par « Down on the road« , le titre issu de leur EP du même nom sorti en janvier dernier. Impossible néanmoins d’en dire plus sur le reste de leur prestation car c’est au même moment qu’Arnaud Rebotini nous a donné rendez-vous pour une interview qui s’est vite transformée en petit cours de blues…

Après le coup blues, retour à l’électro avec SebastiAn ! Petit protégé de Busy P depuis la création du label Ed Banger Records, le DJ entame son set au milieu d’un immense nuage de fumée, perché sur un podium à trois mètres au dessus du sol. Comme lors de ses précédents spectacles résultant de la sortie de son album « Total » en mai 2011, SebastiAn présente une mise en scène provocante qui aura certainement eu le don de surprendre et de faire parler les non avertis… Autour de lui, le bleu-blanc-rouge est partout, aussi bien sur les écrans géants que dans les éclairages ! Pendant que le DJ allume clope sur clope depuis son perchoir, son alter ego en 2D parle à la foule depuis ces mêmes écrans. Au bout de quelques minutes, deux énormes draps font leur apparition sur les côtés de la scène. On y découvre un grand S entouré par une carte de la France, le tout sur un grand signe en forme de V en dessous duquel est écrit le nom du DJ. Le show gagne en intensité lorsque les écrans diffusent en boucle le message suivant : « Pour une France qui bouge, votez SebastiAn en 2012« … Nul doute que les interprétations sur le sujet divergeront une nouvelle fois comme ce fut le cas dernièrement, certains dénonçant un spectacle aux connotations fascisantes quand d’autres préféreront plutôt y voir un avertissement destiné aux électeurs, dans un style volontairement tyrannique, sur les dangers de l’extrémisme … Les adeptes du compromis mettront quant à eux certainement l’accent sur la puissance de la musique du DJ ayant réalisé une prestation hypnotisante qui aura eu le mérite de faire grimper le mercure de quelques degrés supplémentaires…

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En même temps que le départ de SebastiAn, c’est la partie française de la soirée qui se termine. Sur la scène, les techniciens installent un immense cœur aux contours géométrisés qui laisse deviner l’arrivée immédiate des deux allemands de Digitalism venus présenter leur dernier album intitulé « I love you dude ». Le duo, produit par Kitsuné, semble rapidement trouver ses marques. Donnant la sensation de parfaitement maitriser le rythme de leur spectacle, les deux musiciens à la renommée internationale bien affirmée depuis leurs débuts en 2004 alternent les tubes de leurs albums précédents avec les titres de leur dernier opus, le tout dans une ambiance agitée. De « Zdarlight » à « Stratosphere » en passant par « Pogo » ou « 2 Hearts », les deux DJs réussissent à trouver la difficile harmonie entre les morceaux portés par la voie de Jens Moelle, principalement issus d’un dernier album à l’évidence orienté grand public, et ceux aux riffs plus agressifs issus de leurs précédents succès…

Les 4 heures du mat’ venant de toquer à la porte de nos paupières, on se dit qu’il est bienvenu de finir notre festival sur cette bonne note. Le seul regret de cette soirée aura le goût d’un légère frustration, celle de ne pas avoir pu assister à tous les concerts, la faute à un chroniqueur surmené face à une programmation dédoublée. Pour ceux qui voulaient entendre parler de The Subs, Christine, Dilemn Live+, Mr Nö et Royal Ties, on ne peut que déplorer que chez LMC comme ailleurs, on n’a pas encore le don d’ubiquité…

 


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Video report :


Texte : Thibaut Laurent
Photos : Florian Ardérighi
Video report : Joris Couronnet

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(1) Commentaire

  1. Là, nous sommes entièrement d’accords !

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