Sébastien Tellier : je suis né un jour bleu
Le dieu Pépito venait prêcher sa bonne parole le 17 octobre 2012 au Transbordeur, lieu de culte s’il en est.

23.10.12
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Le raccourci pourrait paraître simple mais hormis la couleur de prédilection des deux personnages, un certain talent doublé d’une douce folie sont d’autres détails qui lient Sébastien Tellier et Daniel Tammet. Génie mystique aux multiples facettes, le gourou bleu était de passage à Lyon dans le cadre de sa tournée où une bonne partie des dates sont déjà à guichet fermé. 1ère expérience pour ma part, cœurs déjà conquis pour une bonne partie de la salle, c’est avec une certaine curiosité malsaine que je m’apprête à découvrir un artiste insondable en chair, en os, en bleu.

Mais pas pour tout de suite, déjà nous sommes loin du guichet fermé, la salle ne semble à peine remplie qu’aux ¾ , ensuite, bien que n’ayant rien vu sur une quelconque affiche (d’ailleurs, quelqu’un en a vu une dans l’agglomération lyonnaise ?), fly ou programmation, c’est avec un brin de surprise que nous découvrons une première partie.

C’est donc les Versaillais de Saint Michel qui ouvrent le bal, encore inconnus à mes oreilles, les trois bonhommes nous distillent une Pop à la croisé d’un Passion Pit et d’un Phoenix, à la fois énergique et enivrant, un léger goût de miel (pour le côté sentimental) de sapin (pour le côté mélancolique) non négligeable. Comme les belles rencontres se terminent toujours trop vite, 6 p’tits tours et puis s’en vont, on notera donc dans un coin de nos têtes la certaine relève de la Pop française dont on suivra les pas à coup sûr en 2013.

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Vient finalement le moment tant attendu, au vu de l’album et du discours fumeux et alambiqué qui l’accompagnait, j’avoue m’attendre à ce moment-là à une sorte de cirque Raelien tendance bleu, entre nymphes a demi-nues et moustachus en slip voir apparaître le messie. Étant resté bloqué sur Sexuality qui restera a jamais un des bijoux les plus brut de ces 10 dernières années, je reste sceptique quant à la prestation.

Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur

Que nenni au final, la scène est modeste, quelques assemblages des plexiglass par-ci par-là, quelques néons, point de toge pour le grand gourou, le dandy de ces dames reste relativement souple quand à son délire d’alliance bleu et de Pépito, on est loin de l’ambiance « Cochon Ville », quelques fans hystériques, mais rien ne distingue le public présent ce soir d’un autre concert.

Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur

C’est finalement avec un étonnant professionnalisme et une certaine bouteille (d’eau) que le nébuleux Tellier enchainera ses titres, du « Pépito Bleu » d’ouverture au susnommé « Cochon Ville » qui a vu la scène envahie par quelques chanceuses et chanceux, en passant par un solide « Against The Law », le bleu semble être à jamais la couleur des 80’s. Parsemant de-ci de-là son set de quelques déclarations aussi touchantes que gracieuses (« Mon père, qui était camionneur. Et comme tous les camionneurs il avait pris l’habitude de me violer… ») revenant en fin de course sur les titres qui ont fait son succès, le cultissime « Roche », la naïveté de « Divine » ou le touchant « L’Amour Et La Violence », tout le monde y prend son pied, des fans des premières heures aux nouveaux adeptes, tel ce jeune fidèle se faisant baptiser sur scène. Chassez le naturel et il revient au galop, triple si possible.

Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur
Sebastien Tellier Transbordeur


Liens :

Saint-Michel : soundcloud.com/saintmichel

Sébastien Tellier : www.alliancebleue.com