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Popa Chubby, le 20 mars 2012 au Transbordeur (Lyon)

Livomatique Musique — 25-03-2012

Rencontres intergénérationnelles au Transbordeur pour le concert de Popa Chubby, gros personnage reconnu comme l’un des plus grands guitaristes du monde avec son savant mélange de Blues, Rock et Funk joué sur une guitare plus cabossée qu’une 4L après la traversée du désert.

PopaChubby

Voir toute cette graisse s’agiter sur le rythme d’une guitare électrique, moi, ça me fait tout chose… Il en aura ému plus d’un durant ce concert, « pop a chubby » (en argot : avoir une érection) de son vrai nom Ted Horowitz, un guitariste et chanteur originaire du Bronx. Son public est venu pour écouter des solos de guitare et des impros et il n’a pas été déçu. En effet, dire que Popa Chubby joue bien de la guitare relève de l’euphémisme, il EST sa guitare. Ses gros doigts boudinés glissent sur les frettes avec une agilité déconcertante, le gras de ses bras s’agite et sa tête ruisselle tandis qu’il nous offre ses reprises des plus grands morceaux de Rock et de Blues de l’histoire. En bon musicien, il ne fait pas attendre ses fans en jouant dès le deuxième morceau sa fameuse version de « Hey Joe », chanson de Jimi Hendrix. Ce ne sera pas la seule reprise du concert, d’autres mélodies seront reconnues par les plus attentifs, notamment « Over The Rainbow » d’Harold Arlen ou encore, plus original, la « Lettre à Elise » de Beethoven, malicieusement chantée par la guitare très vintage de l’artiste qui semble s’amuser avec le volume des micros pour nous offrir une balade à mi-chemin entre le piano et le violon.

Outre ses reprises, le guitariste nous montre sa capacité à alterner des riffs endiablés avec des solos frappants le tout dans un style et une composition très personnels. Pas de doute, Popa Chubby a du talent et il sait le montrer. Sa guitare, greffée à son large corps, hurle avec force des improvisations parfaitement intégrées au show. Je ne peux détacher mes yeux du visage de l’artiste : il exprime à lui tout seul un condensé de tous les stéréotypes du guitariste sur scène, Popa prend son pied et ça se voit. On savoure les mimiques et le jeu de guitare du personnage à défaut de profiter de sa voix. Celle-ci est malheureusement écorchée par les cris stridents des larsens. Provoqués par de mauvais réglages, ces sifflements abiment à la fois chant de l’artiste et oreilles du public. Ils accompagneront le chanteur durant tout le concert, heureusement celui-ci chante peu.

De son côté, le public est littéralement charmé ou peut-être s’est-il endormi ? La question peut légitimement se poser. En effet, les musiciens auront du mal à motiver une foule dont la moyenne d’âge dépasse le double du mien. Même si toutes les générations sont plus ou moins représentées, je ne peux m’empêcher de sourire en voyant le grand nombre de quinquagénaires brandir fièrement des mains cornues vers le ciel. Pourtant l’ambiance aura du mal à monter malgré les incitations du batteur. Car Popa Chubby n’est pas seul sur scène, un batteur et un bassiste l’accompagnent sur tous ses morceaux. Leur présence est cependant figurative tant le chanteur leur accorde peu d’attention, j’ai l’impression que ce n’est que pour donner des instructions au batteur qu’il prend la peine de regarder celui-ci. C’est bien dommage car le Blues, c’est également de longs solos improvisés et partagés par un groupe en harmonie. Les membres du public venus voir ce genre de spectacle seront déçus par l’absence d’interaction entre les musiciens. Mais voir l’un des plus grands guitaristes au monde communier avec sa guitare c’est déjà quelque chose.

Rapidement Paul Camilleri, un ami du chanteur, le rejoint sur scène pour un battle de guitare tout en improvisation. Malgré son air timide et mal à l’aise Paul Camilleri est à la hauteur de Popa Chubby, leur duo fonctionne parfaitement et, après quelques solos joués alternativement par les artistes, c’est un outro limpide et résonnant qui vient clore le duel. S’en suivront d’autres morceaux originaux du guitariste culte, tous musicalement très réussis et qui nous feront oublier les aspects négatifs du concert.

C’est pour Popa Chubby que je suis venue, c’est Popa Chubby que j’ai vu et entendu et, on peut le dire, la musique de ce type envoie du gras !

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Texte : Mélodie Bos
Photos : Julien Bourrelly
http://www.popachubby.com/
http://www.myspace.com/popachubbyband

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(1) Commentaire

  1. Je pense qu’on à compris qu’il est gros.

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